1Corinthiens   5.1  à  5.8

1. On entend dire généralement qu'il y a parmi vous de l'impudicité, et une impudicité telle, qu'elle n'existe pas même parmi les païens : au point que quelqu'un a la femme de son père. 2. Et vous êtes enflés d'orgueil, et vous n'avez pas plutôt été dans le deuil, afin que celui qui a commis cette action fût ôté du milieu de vous ! 3. Pour moi, étant absent de corps, mais présent d'esprit, j'ai déjà jugé, comme si j'étais présent, concernant celui qui a commis une telle action : 4. Au nom de notre Seigneur Jésus-Christ, vous et mon esprit étant assemblés, avec la puissance de notre Seigneur Jésus-Christ, 5. j'ai décidé de livrer un tel homme à Satan, pour la destruction de la chair, afin que l'esprit soit sauvé au jour du Seigneur Jésus.

6. Il ne vous sied point de vous glorifier : Ne savez-vous pas qu'un peu de levain fait lever toute la pâte ? 7. Otez le vieux levain, afin que vous soyez une nouvelle pâte, comme vous êtes sans levain ; car aussi Christ, notre Pâque, a été immolé ; 8. célébrons donc la fête, non avec le vieux levain, ni avec le levain de la malice et de la méchanceté ; mais avec les pains sans levain de la sincérité et de la vérité.

PLAN

I. Pratiquez la discipline !

  1. Il y a parmi vous un exemple d'immoralité que les païens eux-mêmes ne tolèrent pas, un inceste ; et vous n'avez pas, avec humiliation et tristesse, exclu le coupable de l'Eglise. (1, 2.)
  2. Pour moi, mon jugement est arrêté : c'est qu'en l'autorité du Seigneur, l'Eglise étant assemblée, moi présent en esprit, un tel homme soit solennellement retranché, et cela pour son propre salut. (3-5.)
  3. Il y a pour cela un motif de sainteté : vous savez qu'un peu de levain se communique à toute la pâte ; ôtez donc, à l'exemple des Israélites célébrant la Pâque, tout ce vieux levain du milieu de vous ; car Christ, le vrai agneau pascal, a été immolé ; célébrons la mémoire de sa mort par une vie renouvelée et sainte. (6-8.)
NOTES
5.1 On entend dire généralement qu'il y a parmi vous de l'impudicité, et une impudicité telle, qu'elle n'existe pas même parmi les païens : au point que quelqu'un a la femme de son père.
  Chapitre 5.

1 à 8 Pratiquez la discipline !

Le texte reçu porte : "telle qu'elle n'est pas même nommée parmi les païens," variante non autorisée par les manuscrits et qui prête à l'apôtre une expression exagérée.

Crime sévèrement puni par la loi de Moïse, (Lévitique 18.8 ; 20.11 ; Deutéronome 22.30) et combien plus réprouvé par la conscience chrétienne !

Peut-être le coupable avait-il épousé sa belle-mère après la mort de son père, et pensait-il excuser ainsi le péché à ses propres yeux. Cette supposition paraît confirmée par ces mots avoir la femme, qui s'entend toujours du mariage. (Matthieu 14.4 ; 22.28 ; 1Corinthiens 7.2,29, etc.)

Il faut remarquer cependant que la loi romaine ne permettait pas une telle union et que celle-ci n'avait sans doute pas été légalement sanctionnée.

5.2 Et vous êtes enflés d'orgueil, et vous n'avez pas plutôt été dans le deuil, afin que celui qui a commis cette action fût ôté du milieu de vous !
  Les Corinthiens se glorifiaient de l'état florissant de leur Eglise, (1Corinthiens 4.8) tandis qu'une vraie charité et une vraie sainteté auraient dû faire du péché d'un membre un sujet d'affliction et d'humiliation pour tous.

Le résultat en eût certainement été l'exclusion du coupable, comme un sérieux avertissement pour lui-même et pour tout le troupeau. (versets 3-5)

5.5 j'ai décidé de livrer un tel homme à Satan, pour la destruction de la chair, afin que l'esprit soit sauvé au jour du Seigneur Jésus.
  Livrer à Satan ne signifie pas autre chose que l'exclusion de la communion des chrétiens, ou de l'Eglise.

L'Eglise est le corps de Christ, (1Corinthiens 12.12,13) le temple de Dieu ; (1Corinthiens 3.16 ; 2Corinthiens 6.16) i1 l'a arrachée du milieu du monde où Satan règne par le péché ; (2Corinthiens 4.4) si donc un homme est exclu de l'Eglise, il est rejeté dans le monde, sous la domination de Satan.

Mais l'apôtre se hâte d'indiquer le but final d'un tel châtiment, qui n'était point de livrer le coupable à la damnation ; mais, au contraire, de mortifier et de détruire en lui la chair, source de son péché, et de sauver, si possible, son esprit, par la repentance que pouvait exciter en lui une si profonde humiliation. Et c'est probablement ce qui arriva : le coupable se repentit, et Paul lui-même demanda, (2Corinthiens 2.4-10) avec une grande compassion, la réintégration de cet excommunié dans l'Eglise.

Il s'agit donc ici d'une discipline toute morale : plût à Dieu qu'on ne l'eût jamais oublié ! C'est en entendant par livrer à Satan la damnation, et par la chair, le corps, que l'Eglise a cru pouvoir s'appuyer de ce passage pour se transformer en un tribunal de sang et exercer ses horribles persécutions ! Comparer 1Timothée 1.20.

- L'apôtre avait ordonné ce châtiment au nom de notre Seigneur Jésus-Christ, par l'autorité apostolique qu'il tenait de lui ; cependant, il attache une grande importance à ce que l'Eglise de Corinthe concoure avec lui à l'exécution de cet acte de discipline. Elle devait donc, après avoir reçu sa lettre, s'assembler, se représenter l'apôtre comme étant au milieu d'elle par son esprit et par l'ordre qu'il lui donnait, se placer solennellement en la présence de Jésus-Christ, et, avec sa puissance, selon sa Parole et par la force de son Esprit, accomplir ce douloureux devoir. Comparer Matthieu 18.15-20.

- Quelques Pères de l'Eglise, suivis de nos jours par plusieurs interprètes de l'Allemagne, ont expliqué différemment ce passage. Ils pensent que l'apôtre enjoint au troupeau l'exclusion de l'incestueux, et se réserve à lui seul, à son autorité apostolique, (verset 3) de le livrer à Satan (ce qui est évidemment contraire au verset 4), et ils croient que ce châtiment aurait consisté en quelque peine corporelle, quelque maladie infligée par Satan pour la destruction de la chair.

Cette idée superstitieuse, que rejetait déjà le bon sens de Calvin, n'a pas le moindre fondement dans le texte. (Comparer versets 2,13, où l'apôtre explique toute sa pensée par ce mot si clair : Otez du milieu de vous ; voir aussi 2Corinthiens 2.6,7)

5.6 Il ne vous sied point de vous glorifier : Ne savez-vous pas qu'un peu de levain fait lever toute la pâte ?
  Grec : "Votre vanterie n'est pas belle," pas convenable, bienséante. Ils croyaient avoir un sujet de gloire. (1Corinthiens 5.2 ; 4.7,8)

L'apôtre applique ce proverbe, d'abord au coupable que l'Eglise aurait dû exclure, puis, plus généralement, à tout mal qui pouvait devenir une source de corruption pour le troupeau.

5.8 célébrons donc la fête, non avec le vieux levain, ni avec le levain de la malice et de la méchanceté ; mais avec les pains sans levain de la sincérité et de la vérité.
  Paul, trouvant dans l'expression proverbiale qu'il vient de citer un symbole biblique d'une profonde signification pour tout Israélite, s'y arrête, afin de développer sa pensée et de l'appuyer par l'autorité de l'Ecriture.

Le levain avait été sévèrement interdit dans la célébration de la Pâque ; (Exode 12.15-20) quiconque en faisait usage devait être retranché du milieu du peuple ; par où la loi voulait montrer que tout Israélite qui ne célébrait pas réellement la Pâque en s'affranchissant de la servitude du péché et de l'idolâtrie, s'excluait lui-même de la communion du peuple de Dieu.

Puis donc, ajoute Paul, en montrant sous cette image la réalité, puis donc que le véritable Agneau pascal, Christ, a été immolé (les mots pour nous qu'ajoute le texte reçu, ne sont pas authentiques), vous êtes sans levain ; unis à lui par la foi, vous avez été purifiés du levain de la corruption et du péché. Mais cette purification, qui a commencé lors de votre conversion, doit se poursuivre jusqu'à la perfection.

De là, l'exhortation par laquelle il conclut : célébrons la fête (Grec : "fêtons") par une vie sainte, purifiée du vieux levain, dans lequel Paul voit l'image de la corruption naturelle de l'homme, spécialement de la malice et de la méchanceté.

A cela il oppose les pains sans levain, image de la sincérité (comparez sur ce terme 2Corinthiens 1.12, note) et de cette vérité qui n'est que l'harmonie morale entre ce grand et sain souvenir de la mort de Christ et les dispositions de notre cœur.

- Il est possible que Paul, écrivant sa lettre à l'époque de Pâques, (1Corinthiens 16.8) trouve dans cette circonstance l'occasion de recommander ainsi une célébration sincère de cette fête.