1. Ne suis-je pas libre ?Ne suis-je pas apôtre ? N'ai-je pas vu Jésus- Christ notre Seigneur ? N'êtes-vous pas mon ouvrage dans le Seigneur ? 2. Si, pour les autres, je ne suis pas apôtre, je le suis au moins pour vous ; car vous êtes le sceau de mon apostolat dans le Seigneur. 3. C'est là ma défense contre ceux qui m'accusent. 4. N'avons-nous pas le droit de manger et de boire ? 5. N'avons-nous, pas le droit de mener avec nous une femme d'entre nos surs, comme font les autres apôtres, et les frères du Seigneur, et Céphas ? 6. Ou, n'y a-t-il que moi seul et Barnabas, qui n'ayons pas le droit de ne point travailler ? 7. Qui est-ce qui va jamais à la guerre à ses propres dépens ? Qui est-ce qui plante une vigne, et n'en mange pas le fruit ? Ou qui est-ce qui paît un troupeau, et ne mange pas du lait du troupeau ? 8. Est-ce selon l'homme que je dis ces choses ? la loi ne les dit-elle pas aussi ? 9. Car il est écrit dans la loi de Moïse : Tu n'emmuselleras point le buf qui foule le grain. Est-ce des bufs que Dieu prend soin ? 10. Ou n'est-ce pas entièrement à cause de nous qu'il le dit ? En effet, il est écrit à cause de nous que celui qui laboure, doit labourer dans l'espérance, et celui qui foule le grain, avec l'espérance d'y avoir part. 11. Si nous avons semé parmi vous les biens spirituels, est-ce une si grande chose que nous moissonnions de vos biens charnels ? 12. Si d'autres participent à ce droit sur vous, n'y participerons-nous pas plutôt ? Cependant nous n'avons point usé de ce droit ; mais nous souffrons tout, afin de n'apporter aucun obstacle à l'Evangile de Christ. 13. Ne savez-vous pas que ceux qui font le service sacré mangent des choses sacrées ; et que ceux qui servent à l'autel ont part à l'autel ? 14. De même aussi, le Seigneur a ordonné que ceux qui annoncent l'Evangile vivent de l'Evangile.
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NOTES
| 9.1 |
Ne suis-je pas libre ?Ne suis-je pas apôtre ? N'ai-je pas vu Jésus- Christ notre Seigneur ? N'êtes-vous pas mon ouvrage dans le Seigneur ? |
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Chapitre 9.
1 à 14 L'apôtre démontre son droit à recevoir son entretien des Eglises.
Le texte reçu place ces deux questions dans un ordre inverse : "Ne suis-je pas apôtre ? ne suis-je pas libre ?" contrairement aux meilleures autorités.
- Paul venait de dire (1Corinthiens 8.13) qu'il se priverait de tout aliment qui pourrait scandaliser son frère. Et pourtant il sait qu'il est libre, aussi libre que ceux qui, à Corinthe, abusaient de leur liberté chrétienne. Bien plus, il est apôtre. Comme apôtre de Jésus-Christ, Paul avait plus encore de liberté et d'autorité que tout autre ; s'il y renonce par charité, son exemple en aura d'autant plus de poids, et humiliera ceux qui s'autorisent de leurs droits pour froisser les consciences faibles. Or, c'est précisément cet exemple de sa vie personnelle qu'il tient à exposer en présence des insinuations de certains adversaires. (verset 3) Il consacre à cela tout ce chapitre, qui n'est point un hors-d'uvre.
Paul avait probablement vu le Seigneur avant qu'il mourût sur la croix ; mais ce n'est pas de ce temps qu'il parle ici, puisque ce triste privilège, il l'aurait eu en commun avec les ennemis du Sauveur. (Comparer 2Corinthiens 5.16, note.)
Il a vu le Seigneur glorifié (Actes 9.3 et suivants) qui lui est apparu en divers temps, et dont il a reçu des révélations. (Galates 1.1 ; comparez Actes 18.9,10 ; 1Corinthiens 11.23 ; 2Corinthiens 12.1 et suivants)
Il rappelle ces faits pour justifier son caractère apostolique, que niaient ses adversaires en disant qu'il n'avait pas vu le Seigneur, et qu'à cause de cela il ne pouvait pas être le témoin de sa vérité comme les autres apôtres. (Verset 3.) Ainsi parlait sans doute le parti qui se réclamait de Céphas. (1Corinthiens 1.12)
Comme Eglise qu'il avait fondée, et dont les membres avaient été en grande partie amenés par lui à la foi : sceau divin posé par Dieu même sur son apostolat. (verset 2)
- Ce mot dans le Seigneur (versets 1,2) ajoute à la démonstration de l'apôtre quelque chose d'intime et de sacré. Toute son uvre à l'égard des Corinthiens a eu lieu selon le Seigneur, dans sa communion, en sorte que le Seigneur lui-même en est le témoin et le vrai auteur. |
| 9.3 |
C'est là ma défense contre ceux qui m'accusent. |
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Grec : "C'est là mon apologie contre ceux qui m'accusent en jugement" ou "qui font des enquêtes sur moi." Son apologie irréfutable, c'est que ses lecteurs sont son ouvrage, le sceau de son apostolat. (versets 1,2) |
| 9.4 |
N'avons-nous pas le droit de manger et de boire ? |
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Cette question se lie a la fois aux libertés qu'il a discutées dans le chapitre précédent et aux pensées qui suivent, c'est-à-dire au droit qu'aurait l'apôtre de vivre aux dépens des Eglises auxquelles il avait annoncé l'Evangile. (verset 7 et suivants) |
| 9.5 |
N'avons-nous, pas le droit de mener avec nous une femme d'entre nos surs, comme font les autres apôtres, et les frères du Seigneur, et Céphas ? |
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Grec : "Une sur femme," c'est-à-dire une épouse chrétienne.
Ainsi les autres apôtres, et spécialement les frères du Seigneur (Jacques le Mineur et Jude) et Pierre, les plus renommés d'entre les apôtres, (Galates 2.9 ; Matthieu 16.18,19) étaient tous mariés, et leurs femmes les accompagnaient dans leurs voyages missionnaires.
Si Paul, par des raisons qu'il a exposées, (1Corinthiens 7) a renoncé à l'état du mariage, il n'en revendique pas moins le droit.
Et c'est en présence de ces faits qu'une Eg1ise établit le célibat forcé des prêtres ! C'est qu'avant cela elle avait renié l'autorité de la Parole de Dieu et ramené dans la nouvelle alliance le prêtre de l'ancienne, au détriment de la sacrificature unique et parfaite de Jésus-Christ, et au mépris du sacerdoce universel de tous les chrétiens.
C'est le célibat obligatoire qui fait la caste, mise à la place de l'homme et du citoyen. |
| 9.6 |
Ou, n'y a-t-il que moi seul et Barnabas, qui n'ayons pas le droit de ne point travailler ? |
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De ne point travailler de leurs mains, à côté de leur uvre missionnaire, afin de pourvoir à leurs besoins, sans en charger les Eglises. (Actes 20.34 ; 18.3 ; 2Thessaloniciens 3.8,9)
Il ressort de là que Barnabas suivait à cet égard la même ligne de conduite que Paul ; que ces deux serviteurs de Dieu savaient s'estimer et s'aimer, malgré le fait rapporté Actes 15.39 ; enfin, que Barnabas exerçait son ministère dans les Eglises d'Occident. |
| 9.8 |
Est-ce selon l'homme que je dis ces choses ? la loi ne les dit-elle pas aussi ? |
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L'exemple des murs et des usages des hommes que l'apôtre venait de citer (verset 7) pour rendre plus légitime sa pensée, aurait pu, aux yeux de plusieurs, manquer d'autorité ; c'est pourquoi il recourt à une plus haute autorité, celle de la loi. |
| 9.9 |
Car il est écrit dans la loi de Moïse : Tu n'emmuselleras point le buf qui foule le grain. Est-ce des bufs que Dieu prend soin ? |
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Sans aucun doute Dieu prend soin des bufs et de toute créature ; cette loi (Deutéronome 25.4) le prouve aussi bien que d'autres pareilles ; (Deutéronome 22.6-10 ; Lévitique 22.28) mais ces lois d'une tendre providence sont moins écrites pour les animaux (qui ne savent pas lire, remarque Luther), que pour l'homme qui doit apprendre par là à être humain et reconnaissant, même envers les êtres destitués de raison qui le servent par leur travail ; combien plus envers son semblable ! et combien plus encore le chrétien envers le serviteur de Dieu, qui lui fait part des biens spirituels ! (versets 10,11) |
| 9.10 |
Ou n'est-ce pas entièrement à cause de nous qu'il le dit ? En effet, il est écrit à cause de nous que celui qui laboure, doit labourer dans l'espérance, et celui qui foule le grain, avec l'espérance d'y avoir part. |
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Une variante adoptée par M. Godet porte : "Celui qui foule doit participer à l'objet espéré."
Les actes de labourer et de fouler ne présentent pas deux exemples parallèles, juxtaposés.
Labourer est pénible ; mais fouler le grain, non. Ce dernier acte nous transporte au jour de la moisson, où le buf, libre de toute muselière, prend sa part de la récompense espérée. |
| 9.12 |
Si d'autres participent à ce droit sur vous, n'y participerons-nous pas plutôt ? Cependant nous n'avons point usé de ce droit ; mais nous souffrons tout, afin de n'apporter aucun obstacle à l'Evangile de Christ. |
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L'apôtre s'applique le principe qu'il a établi abondamment, mais il lui vient à l'esprit encore deux arguments qu'il ne veut pas omettre ; (versets 13,14) puis il reprend (verset 15) son application à luimême. |
| 9.13 |
Ne savez-vous pas que ceux qui font le service sacré mangent des choses sacrées ; et que ceux qui servent à l'autel ont part à l'autel ? |
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Grec : "Ceux qui s'emploient aux choses sacrées, mangent les choses du sanctuaire."
Paul veut parler des lévites et des prêtres de l'ancienne alliance, qui n'avaient point eu de part avec les autres tribus dans la terre de la promesse ; car l'Eternel était leur part et leur héritage, et ils devaient vivre de ce qui était offert au temple. (Nombres 18.8 et suivants., Nombres 18.21-24) |
| 9.14 |
De même aussi, le Seigneur a ordonné que ceux qui annoncent l'Evangile vivent de l'Evangile. |
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Cet ordre se trouve à Matthieu 10.10 ; Luc 10.7. |