18. Que personne ne s'abuse soi-même ; si quelqu'un d'entre vous pense être sage en ce siècle, qu'il devienne fou, afin de devenir sage. 19. Car la sagesse de ce monde est folie devant Dieu ; aussi est-il écrit : C'est lui qui surprend les sages dans leurs finesses. 20. Et encore : Le Seigneur connaît les pensées des sages, il sait qu'elles sont vaines. 21. Ainsi, que personne ne mette sa gloire dans les hommes ; car toutes choses sont à vous ; 22. soit Paul, soit Apollos, soit Céphas, soit le monde, soit la vie, soit la mort, soit les choses présentes, soit les choses à venir ; toutes choses sont à vous ; 23. et vous êtes à Christ, et Christ est à Dieu.
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NOTES
| 3.18 |
Que personne ne s'abuse soi-même ; si quelqu'un d'entre vous pense être sage en ce siècle, qu'il devienne fou, afin de devenir sage. |
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18 à 23 Que chacun donc ne mette sa confiance dans la sagesse des hommes.
En se croyant sage selon le monde, (versets 18-20) ou en mettant sa confiance et sa gloire dans les hommes qui ont cette prétention. (versets 21,22)
L'apôtre jette ici un regard en arrière sur la grande pensée qu'il a développée 1Corinthiens 1.17 et suivants, concernant la sagesse de ce siècle, mise en opposition avec la folie de la croix. Son but, en le faisant, est de montrer que tout ce qui précède, même les deux dernières images, a rapport à l'esprit de parti qu'il combat, et qui, à Corinthe, n'avait d'autre origine que la recherche de la sagesse humaine et des dons brillants sur lesquels elle s'appuie.
Toute sagesse qui s'élève à côté de la sagesse divine de Christ, sera confondue. Quiconque en a poursuivi le prestige trompeur, doit s'en dépouiller d'abord, devenir fou aux yeux du monde, pour trouver la vraie sagesse. (1Corinthiens 1.24, note.) |
| 3.19 |
Car la sagesse de ce monde est folie devant Dieu ; aussi est-il écrit : C'est lui qui surprend les sages dans leurs finesses. |
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Job 5.13. Donc il est plus sage qu'eux ; et ceux-là seuls deviennent sages, à qui il fait part de son Esprit. (1Corinthiens 2.10) |
| 3.20 |
Et encore : Le Seigneur connaît les pensées des sages, il sait qu'elles sont vaines. |
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Psaumes 94.11, où on lit : "les pensées des hommes," c'est-à-dire de tous les hommes, sans en excepter les plus sages que l'apôtre nomme ici pour les prendre à partie. |
| 3.22 |
soit Paul, soit Apollos, soit Céphas, soit le monde, soit la vie, soit la mort, soit les choses présentes, soit les choses à venir ; toutes choses sont à vous ; |
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Mettre sa gloire dans les hommes, ou, comme il y a littéralement se glorifier en eux, ce n'est pas seulement vouloir jouir de leurs dons ou de leur supériorité, mais c'est mettre en eux sa confiance, se placer à leur égard dans un état de dépendance spirituelle. (Voy. sur le sens complet du mot, Romains 5.2,11 ; Galates 6.14)
Or, pour l'enfant de Dieu, c'est là descendre au lieu de monter ; car il est "héritier de Dieu et cohéritier de Christ ;" il a part à tout ce que possède son Père céleste : tous les serviteurs de Dieu, qu'ils s'appellent Paul, Apollos, ou Céphas, sont à lui, car ils sont établis de Dieu pour son salut ; le monde entier, la vie, la mort, toutes les puissances vivifiantes ou destructives du règne de la nature ou du règne de la grâce, tous les événements du présent ou de l'avenir, doivent servir au grand but de son salut, tout ayant été créé pour celui qui, en Christ est redevenu le roi de la création. (Comparer Romains 8.31-39 ; Matthieu 5.5, note.)
N'est-ce pas renier ces glorieux privilèges que de mettre sa confiance et sa gloire en un homme, fût-il même le plus excellent des hommes ?
- "En tête sont placés les noms des trois docteurs dont on avait fait des chefs de parti et à l'occasion desquels est donné tout cet enseignement. Pour énoncer sa conclusion, Paul ne fait que retourner les trois formules. Au lieu de dire : "Je suis à Paul" Les Corinthiens doivent dire : "Paul est à moi." L'Eglise est le but ; les ministres sont le moyen. Ils sont des dons qui lui sont faits et qu'elle doit mettre à profit sans dédaigner l'un, ni s'engouer de l'autre." Godet. |
| 3.23 |
et vous êtes à Christ, et Christ est à Dieu. |
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Grec : "Vous êtes de Christ, et Christ est de Dieu." En s'élevant ainsi des créatures au Créateur, l'apôtre indique à la fois la garantie et la couronne de tous les privilèges de l'enfant de Dieu qu'il vient d'énumérer.
Etre de Christ doit suffire au chrétien pour qu'il ne soit plus ni d'Apollos, ni de Céphas, ni d'aucun homme ; d'autant plus qu'en appartenant à Christ, il appartient à Dieu lui-même, parce que Christ est l'image du Dieu invisible, (Colossiens 1.15) la splendeur de sa gloire, (Hébreux 1.3) un avec le Père. (Jean 10.30)
Le même rapport de communion et d'amour qui existe entre le Père et le Fils, est rétabli par le Médiateur entre le Père et ses enfants. (Jean 17.21,22)
- Quelques interprètes ont voulu voir dans ces dernières paroles un avertissement donné au parti de l'Eglise de Corinthe qui se réclamait exclusivement, et non sans orgueil, du nom de Christ. Paul voudrait élever leur pensée jusqu'à Dieu, pour les ramener à l'unité suprême. C'est possible. |