6. Et je vis un autre ange qui volait par le milieu du ciel, ayant un évangile éternel, pour l'annoncer à ceux qui habitent sur la terre et à toute nation et tribu et langue et peuple ; 7. disant d'une voix forte : Craignez Dieu et donnez-lui gloire, car l'heure de son jugement est venue ; et adorez Celui qui a fait le ciel et la terre et la mer et les sources des eaux. 8. Et un autre ange, un second, suivit, disant : Elle est tombée, elle est tombée, Babylone la grande, qui a abreuvé toutes les nations du vin de la fureur de sa fornication. 9. Et un autre ange, un troisième, les suivit, disant d'une voix forte : 10. Si quelqu'un adore la bête et son image, et reçoit une marque sur son front ou sur sa main, 11. lui aussi boira du vin de la fureur de Dieu, versé pur dans la coupe de sa colère, et ils seront tourmentés dans le feu et le soufre, en présence des saints anges et en présence de l'Agneau. 12. Et la fumée de leur tourment monte aux siècles des siècles ; et ils n'ont de repos ni jour ni nuit, ceux qui adorent la bête et son image, et quiconque reçoit la marque de son nom. 13. C'est ici la patience des saints, de ceux qui gardent les commandements de Dieu et la foi en Jésus. |
NOTES
| 14.6 |
Et je vis un autre ange qui volait par le milieu du ciel, ayant un évangile éternel, pour l'annoncer à ceux qui habitent sur la terre et à toute nation et tribu et langue et peuple ; |
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6 à 13 Trois anges messagers du jugement. |
| 14.7 |
disant d'une voix forte : Craignez Dieu et donnez-lui gloire, car l'heure de son jugement est venue ; et adorez Celui qui a fait le ciel et la terre et la mer et les sources des eaux. |
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Un autre ange, par opposition à ceux qui chantaient dans le ciel. (versets 2,3) Il volait par le milieu du ciel, comme l'aigle de Apocalypse 8.13, parce que son message est destiné à tous ceux qui habitent sur la terre.
Le message est appelé un évangile éternel. Ce mot, sans article, ne saurait s'entendre de l'Évangile en général, de la bonne nouvelle du salut qui doit être annoncée à tous les peuples avant que vienne la fin. (Matthieu 24.14) Encore moins l'auteur se représente-t-il l'ange tenant à la main un livre où seraient contenus les écrits du Nouveau Testament.
Ce qu'il qualifie d'évangile éternel, c'est l'annonce de la fin imminente, du jugement dont l'heure est venue, (verset 7) de l'entier accomplissement des desseins de Dieu. Cette annonce, il peut la considérer comme une bonne nouvelle, (comp Apocalypse 10.7) parce que l'heure du jugement sera pour les élus l'heure de la délivrance, (Apocalypse 6.10) et parce que ce message de jugement est accompagné d'un suprême appel à la conversion, adressé à tous les hommes, et qui les invite à donner gloire à Dieu. Cet évangile est éternel, parce que le fait annoncé est irrévocable et prolongera ses conséquences dans l'éternité. |
| 14.8 |
Et un autre ange, un second, suivit, disant : Elle est tombée, elle est tombée, Babylone la grande, qui a abreuvé toutes les nations du vin de la fureur de sa fornication. |
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Un second ange annonce la chute de Babylone la grande. Cette épithète, empruntée à Daniel 4.30 est constamment accolée au nom de Babylone. (Apocalypse 17.5, etc.) Babylone, c'est Rome. (Apocalypse 17.9, note ; comparez 1Pierre 5.13, 1re note.) Sa chute est célébrée par anticipation (dans des termes pris dans Esaïe 21.9), elle sera décrite dans les visions de Apocalypse 17 et Apocalypse 18.
Dans l'énoncé du crime de Babylone, deux images Sont entremêlées : Babylone, assimilée à une courtisane, a abreuvé et enivré toutes les nations du vin de sa fornication, c'est-à-dire les a entraînées dans l'idolâtrie. (Comparer Jérémie 51.7 et tous les passages où le culte des faux dieux est appelé adultère et fornication.)
Le vin dont elle les abreuve est appelé vin de la fureur. Plusieurs interprètes pensent que le mot fureur se rapporte à la colère divine que Babylone attire sur les nations. (comparez Jérémie 25.15) Mais comment ce vin enivrerait-il les nations ? Ce mot exprime plutôt l'ardeur de la passion impure.
La fureur de la fornication de Babylone forme antithèse avec la fureur de Dieu, dont il sera parlé à verset 10. |
| 14.10 |
Si quelqu'un adore la bête et son image, et reçoit une marque sur son front ou sur sa main, |
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Après la chute de Babylone, le châtiment de ses adorateurs. Pour les images du verset 9, comparez Apocalypse 13.4,14-16, notes.
Boire du vin de la fureur de Dieu, c'est encourir ses plus terribles jugements. (Jérémie 25.15 ; Esaïe 51.17 ; Psaumes 75.9)
Ces jugements, nul des coupables ne pourra les éviter ; c'est ce qu'indique l'emploi du singulier : si quelqu'un adore,...lui aussi, comme Babylone, boira...
Ce vin est versé pur (grec préparé, littéralement mêlé, sans mélange), contrairement à l'usage des anciens de boire le vin coupé d'eau ; le jugement ne sera tempéré d'aucune miséricorde.
L'auteur revient au pluriel (A, etc. ; Sin. C ; Q. ont le singulier) pour décrire les tortures communes à tous les réprouvés : ils seront tourmentés dans le feu et le soufre, (comparez Apocalypse 19.20) et cela en présence des saints anges et en présence de l'Agneau, qui leur apparaîtront dans la gloire, et dont la vue augmentera leurs regrets et leurs souffrances. (Luc 16.23 et suivants) |
| 14.11 |
lui aussi boira du vin de la fureur de Dieu, versé pur dans la coupe de sa colère, et ils seront tourmentés dans le feu et le soufre, en présence des saints anges et en présence de l'Agneau. |
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La fumée est produite par le feu et le soufre où ils sont tourmentés. (verset 10)
Pour cette image de la fumée qui s'élève éternellement, comparez Esaïe 34.10.
Leur supplice est sans fin et ne leur laisse jamais de repos. (Matthieu 11.28)
Les quatre êtres vivants de même ne cessent jour et nuit de louer Dieu. (Apocalypse 4.8) L'auteur rappelle encore la cause de leur condamnation : ils adorent la bête, etc. Ces paroles répétées à la fin de ce morceau, étaient un solennel avertissement aux chrétiens qui auraient été tentés de fléchir dans les persécutions imminentes. (versets 12,13)
En présence des redoutables perspectives qu'ouvrait la description précédente, Jean exhorte les saints à la patience, à la persévérance. (Comparer Apocalypse 13.10) Celle-ci leur sera rendue plus aisée par la certitude que le jugement va intervenir.
Les saints sont caractérisés comme ceux qui gardent les commandements de Dieu (Apocalypse 12.17) et la foi en Jésus, c'est ainsi qu'il convient de traduire, plutôt que : la foi de Jésus. |
| 14.13 |
C'est ici la patience des saints, de ceux qui gardent les commandements de Dieu et la foi en Jésus. |
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Une voix du ciel, peut-être celle de Christ, (Apocalypse 10.4) ordonne à Jean d'écrire spécialement l'importante déclaration qui va suivre.
Mourir dans le Seigneur, ce n'est pas exclusivement subir le martyre ; c'est, d'une manière générale, mourir dans la foi en Jésus. (Apocalypse 14.12 ; 1Thessaloniciens 4.16 ; 1Corinthiens 15.20)
Dès maintenant ne se rapporte pas à ceux qui meurent, mais à heureux. Ils sont heureux dès maintenant, non seulement parce que, au jour du jugement, la récompense leur sera décernée, (Apocalypse 11.18) mais dès l'instant de leur mort ils seront et demeureront avec leur Sauveur en qui ils seront morts. (Luc 23.43 ; Philippiens 1.23)
Ils meurent en effet, - c'est ce qu'atteste l'Esprit (Apocalypse 2.7, etc.) - afin qu'ils se reposent...(la plupart de nos versions effacent cette nuance) ; dans leur mort, ils ont ce repos en vue, comme le but auquel Dieu les conduit.
Ils se reposent de leurs travaux (grec peines, fatigues), peut-être, d'après Apocalypse 2.2, des efforts qu'ils ont dû faire pour résister aux assauts de Satan. Leur repos contraste avec la condition des réprouvés, qui ne trouvent de repos ni jour ni nuit. (verset 11) Leurs uvres, fruits de leur foi et de l'Esprit de Dieu en eux, leurs renoncements, leurs sacrifices, leurs victoires dans les tentations, leurs actes d'amour les suivent, parce que c'est d'après ces uvres qu'ils sont jugés et que leur destinée éternelle est arrêtée. (Matthieu 25.31 et suivants ; 2Corinthiens 5.10) |
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