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Chapitre 3.
1 à 6 A l'Eglise de Sardes.
Autrefois capitale des rois de Lydie, dont Crésus fut le dernier ; ville célèbre par ses richesses et son luxe, assise dans une plaine arrosée par le Pactole, à environ cinquante kilomètres au sud de Thyatire. Presque détruite par un tremblement de terre, sous le règne de Tibère, elle fut rebâtie avec des subsides de l'empereur. Au second siècle, elle eut pour évêque Méliton, l'apologète. C'est aujourd'hui un hameau de bergers, avec quelques belles ruines, seuls restes de son ancienne splendeur.
Le premier attribut avec lequel apparaît le Seigneur, les sept esprits de Dieu, est tiré de Apocalypse 1.4 ; (comparez Apocalypse 5.6) il symbolise toutes les perfections divines et les dons divers du Saint-Esprit. Le second attribut les sept étoiles, est emprunté à Apocalypse 1.16 (comparez Apocalypse 1.20, note) et le représente comme le Maître tout-puissant de l'Église et du ministère dans l'Eglise. (Comparer Apocalypse 2.1) Le Seigneur devait mettre en activité l'un et l'autre de ces attributs pour sauver l'Église de Sardes ; (versets 1,2) Il les déploie encore pour toute Eglise et toute âme qui a besoin d'une résurrection d'entre les morts.
Spirituellement mort. (Ephésiens 2.1, note ; comparez Romains 6.13, note ; Jacques 2.17) Ce qui donne encore à une telle Eglise le renom de vivre, c'est la conservation de certaines doctrines évangéliques, la continuation des exercices du culte, la régularité extérieure dans la conduite, etc. Mais toutes ces choses ne sont que des formes d'où a disparu peu à peu la vie, la vie de la foi de l'amour, de l'Esprit de Dieu. C'est le pire état que l'on puisse concevoir pour une Eglise ou pour une âme.
Mieux valent les combats, même avec quelques défaites, les tentations, même avec quelques chutes ; les saintes douleurs de la repentance, avec leurs effets de retour à Dieu et de régénération. Car là où les âmes souffrent et combattent, là il y a encore de la vie. On a remarqué qu'il n'est pas parlé d'affliction (Apocalypse 2.3) pour Église de Sardes ; sa conformité au monde l'avait sans doute préservée de la persécution. Aucun de ceux qui sont gisants sur un champ de bataille, après l'action ne s'aperçoit de la mort des autres. Mais lorsqu'un vivant vient à traverser ce lieu désolé il frémit. Ce vivant, c'est ici le Seigneur, qui fait entendre un cri de réveil. (versets 2,3) Tous ses fidèles serviteurs l'ont imité en ceci dans les Eglises semblables à celle de Sardes : de là, les rénovations successives dans les troupeaux et dans les âmes.
"C'est un grand mal qu'une grande réputation, quand elle est mal fondée. Que sert d'être estimé de celui qui ne voit que l'uvre extérieure, si l'on est condamné par Celui qui voit les uvres du cur ? Combien y a-t-il de ces faux vivants et de ces véritables morts entre les pasteurs mêmes, puisque Jésus Christ en trouve dans les premiers temps de l'Eglise ?" Quesnel. |
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Grec : Deviens veillant ! Cette mort spirituelle est envisagée comme un sommeil qui laisse encore l'espérance et la possibilité d'un réveil. (Ephésiens 5.14)
Le reste, ce sont les membres les moins déchus du troupeau, (verset 4) plutôt que le reste de vie qu'il y avait encore dans les âmes. C'est là ce qui s'en allait mourir. Le Seigneur exhorte l'Église à affermir, par une sincère repentance, par un redoublement de zèle ce reste menacé. (Comparer Luc 22.32 ; Ezéchiel 34.4,16)
Tes uvres, toutes les manifestations de ta vie ne sont pas selon l'ordre divin ; malgré les apparences, (verset 1) elles ne sont pas parfaites (Matthieu 5.48 ; Colossiens 4.12) au jugement de mon Dieu. |
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Comparer Apocalypse 2.5, note.
Grec : comment tu as reçu et entendu, et garde et te repens. Jésus-Christ rappelle à l'Église de Sardes comment elle a reçu et entendu l'Evangile. (Comparer 1Thessaloniciens 1.5 et suivants ; 1Thessaloniciens 2.1 et suivants ; 1Corinthiens 2.1 et suivants) L'accueil empressé que les hommes font à l'Évangile garantit qu'ils le saisissent en son entier et selon la vérité, et qu'ils le garderont. (Ephésiens 4.20 ; Colossiens 2.6)
C'est peut-être trop presser cette parole que de lui faire dire : "A l'origine l'Église avait entendu proclamer le salut par la foi seule et l'abolition de la loi, sans que la liberté chrétienne servit de prétexte à une vie déréglée." (Spitta.)
Si donc, malgré l'urgence qu'il y a pour toi à veiller, tu t'y refuses, je viendrai, et tu ne sauras pas à quelle heure (grec) je viendrai sur toi. La menace du Seigneur s'accomplit dans chacun des jugements qu'il exerce, car alors il vient. Elle s'accomplira définitivement à sa dernière venue, dont l'heure est toujours incertaine. (Comparer Matthieu 24.43) Il en avertit Sardes dans sa miséricorde, afin de lui laisser le temps de se repentir. |
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Le mot vêtements est pris les deux fois dans un sens figuré : c'est l'image de la justice dont Dieu revêt ses enfants en Jésus-Christ, la sainteté, la pureté de la vie nouvelle. (Esaïe 61.10 ; Matthieu 22.11,12 ; Romains 13.14, etc.)
Souiller ce vêtement-là par des péchés volontaires, en retombant dans la mort spirituelle, (verset 1) est d'autant plus dangereux qu'il ne s'agit plus ici du vieil homme, mais de l'homme nouveau, qui abuse des grâces qu'il a reçues. C'est contre ce terrible danger que sont dirigés des avertissements tels que ceux-ci : Hébreux 6.4-6 ; 10.26-29 ; 12.25.
- Le petit nombre de personnes (Grec : de noms) qui, à Sardes, n'avaient pas été atteintes de ce mal, sont l'objet d'une glorieuse promesse : ils seront revêtus de vêtements blancs. (versets 4,5) Jean verra plus d'une fois dans ses visions de la vie future (Apocalypse 6.11 ; 7.9,13,14) les rachetés parés de ces vêtements blancs, qui distinguaient les vainqueurs, et étaient le symbole de la pureté et de la sainteté parfaites.
Elles en sont dignes, dit le Seigneur des personnes auxquelles il promet cette gloire, non qu'elles l'eussent méritée par leurs uvres, car leur fidélité était une grâce de Celui qui seul nous rend et nous conserve purs ; mais elles avaient fait valoir ce don de la grâce avec humilité et conscience et devaient d'après l'ordre de Dieu, recevoir davantage. (Matthieu 25.14-30) |
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Il n'est pas dit : "J'inscrirai son nom" car l'inscription est faite de toute éternité ; (Apocalypse 13.8) mais l'homme a le pouvoir de refuser son élection et d'obliger par sa conduite le Seigneur à effacer son nom du livre de la vie.
Cette dernière expression se trouve déjà dans l'Ancien Testament ; (Esaïe 4.3 ; Psaumes 69.29 ; Exode 32.32 ; Daniel 12.1) Jésus fait allusion à ce livre de la vie ; (Luc 10.20) Paul le nomme ; (Philippiens 4.3) il est fréquemment mentionné dans l'Apocalypse. (Apocalypse 13.8 ; 17.8 ; 20.12,15 ; 21.27)
Comparer Matthieu 10.32,Luc 9.26. Le Seigneur nomme les anges, à côté de son Père, parce qu'ils font partie de la Jérusalem céleste, (Hébreux 12.22) qu'ils s'intéressent au salut des pécheurs (Luc 15.10) et qu'ils seront les témoins de son triomphe. |