11. Si donc l'on pouvait arriver à la perfection par le sacerdoce lévitique (car le peuple avait reçu une loi fondée sur celui-ci), qu'était-il encore besoin qu'il s'élevât un autre sacrificateur, selon l'ordre de Melchisédek, et qui ne fût pas nommé selon l'ordre d'Aaron ? 12. Car le sacerdoce étant changé, nécessairement aussi il y a changement de loi. 13. Car celui de qui ces choses sont dites a fait partie d'une autre tribu, de laquelle personne n'a fait le service de l'autel ; 14. car il est notoire que notre Seigneur est sorti de Juda, tribu pour laquelle Moïse n'a rien dit concernant des sacrificateurs.
15. Et cela est encore plus manifeste, en ce que, à la ressemblance de Melchisédek, s'élève un autre sacrificateur, 16. qui n'a point été établi selon la loi d'une ordonnance charnelle, mais selon la puissance d'une vie impérissable. 17. Car ce témoignage lui est rendu : Tu es sacrificateur pour l'éternité, selon l'ordre de Melchisédek. 18. Car il y a, d'une part, abrogation d'une ordonnance antérieure, à cause de sa faiblesse et de son inutilité 19. (car la loi n'a rien amené à la perfection ), introduction, d'autre part, d'une espérance meilleure, par laquelle nous nous approchons de Dieu.
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NOTES
| 7.11 |
Si donc l'on pouvait arriver à la perfection par le sacerdoce lévitique (car le peuple avait reçu une loi fondée sur celui-ci), qu'était-il encore besoin qu'il s'élevât un autre sacrificateur, selon l'ordre de Melchisédek, et qui ne fût pas nommé selon l'ordre d'Aaron ? |
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11 à 19 Le changement de sacrificature.
L'auteur conclut de la comparaison entre Melchisédek et les lévites à l'abrogation de leur sacerdoce et de la loi qui l'instituait. (Hébreux 7.11-19)
Le peuple avait reçu une lot fondée sur la sacrificature lévitique (ou, comme d'autres traduisent, relative à celle-ci). Elle était, en effet, le point central de toute la législation mosaïque.
Or si, comme les Hébreux étaient tentés de le croire, le peuple avait pu parvenir à la perfection par cette loi, si (grec) la perfection (voir Hébreux 5.9, note) était par la sacrificature lévitique, pourquoi l'Ecriture parlerait-elle d'un autre sacrificateur, de celui dont Melchisédek était le symbole, et qui n'avait aucun rapport avec l'ordre d'Aaron ? (Hébreux 7.13,14)
Cette prophétie, donnée sous le règne même de la loi lévitique, prouve évidemment que le Saint-Esprit annonçait un autre moyen de salut, par une autre sacrificature. |
| 7.12 |
Car le sacerdoce étant changé, nécessairement aussi il y a changement de loi. |
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Ces paroles justifient la question posée, (Hébreux 7.11) et la conclusion qu'elle implique. L'institution de la sacrificature était le point central et le fondement de la loi donnée au peuple ; or, cette sacrificature étant changée, c'est le changement complet de la loi, ou plutôt son abrogation. (Hébreux 7.18)
Une modification aussi considérable ne pouvait résulter que d'un besoin impérieux et prouvait que la perfection n'avait pu être atteinte par le sacerdoce lévitique. |
| 7.13 |
Car celui de qui ces choses sont dites a fait partie d'une autre tribu, de laquelle personne n'a fait le service de l'autel ; |
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Jésus-Christ. (Hébreux 7.14) Déjà d'après Genèse 49.10, le Messie devait sortir de Juda, et un grand nombre de prophéties l'annonçaient comme un descendant de David. |
| 7.14 |
car il est notoire que notre Seigneur est sorti de Juda, tribu pour laquelle Moïse n'a rien dit concernant des sacrificateurs. |
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Le verbe traduit par est sorti se dit du lever des astres.
Le substantif dérivé de ce verbe signifie soleil levant dans le cantique de Zacharie. (Luc 1.78, 2e note.)
- Le texte reçu porte : "concernant la sacrificature." |
| 7.16 |
qui n'a point été établi selon la loi d'une ordonnance charnelle, mais selon la puissance d'une vie impérissable. |
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Cet argument (Hébreux 7.15-16) confirme le précédent, et établit qu'il y a bien substitution d'une sacrificature nouvelle à l'ancienne : le sacrificateur selon la ressemblance de Melchisédek exerce une sacrificature spirituelle, parfaite, fondée sur sa nature même.
L'auteur relève le contraste frappant qu'il y a entre les bases sur lesquelles reposent les deux sacrificatures : la loi d'une ordonnance charnelle, et la puissance d'une vie impérissable. (Grec : indissoluble.)
Il appelle charnelle l'ordonnance de la loi qui instituait la sacrificature lévitique, parce qu'elle était extérieure, temporaire, prescrivait des cérémonies qui n'avaient d'importance que dans leur sens symbolique, et surtout parce qu'elle s'appliquait à des hommes mortels qui ne se succédaient dans la sacrificature qu'en vertu de leur naissance dans une certaine tribu.
Le vrai Sacrificateur, au contraire, notre Seigneur, (Hébreux 7.14) tient sa charge de sa nature divine, et parce qu'il est la source d'une vie indissoluble, éternelle.
C'est ce que l'auteur conclut (Hébreux 7.17) de la parole prophétique du Psaumes 110, qui confère au Fils de Dieu la sacrificature immuable, définitive, éternelle, amenant tout à la perfection. (Comparer Hébreux 7.11,18,19) |
| 7.19 |
(car la loi n'a rien amené à la perfection ), introduction, d'autre part, d'une espérance meilleure, par laquelle nous nous approchons de Dieu. |
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La loi de la sacrificature était faible et elle est devenue inutile après l'établissement de la vraie sacrificature, précisément parce que, comme l'auteur le répète ici, (comparez Hébreux 7.11) elle ne pouvait rien amener à la perfection. (Romains 8.3) Elle ne donnait à personne les biens et les grâces qu'elle préfigurait pour l'avenir.
Pouvoir nous approcher de Dieu avec une espérance meilleure, et cela par la vraie sacrificature, c'est posséder cette perfection à laquelle Christ nous amène, et qui fait contraste avec la condition misérable à laquelle nous réduit la loi. |