Hébreux   2.1  à  2.4

1. C'est pourquoi il faut nous attacher d'autant plus aux choses que nous avons entendues, de peur que nous ne soyons emportés loin d'elles. 2. Car, si la parole annoncée par des anges a été ferme, et si toute transgression et désobéissance a reçu une juste rétribution, 3. comment échapperons-nous, si nous négligeons un si grand salut, qui, ayant été annoncé d'abord par le Seigneur, nous a été confirmé par ceux qui l'avaient entendu, 4. Dieu appuyant leur témoignage par des signes et des prodiges et divers miracles, et par des communications de l'Esprit-Saint réparti selon sa volonté ?

PLAN

C. Responsabilité de ceux qui entendent le message salutaire du Fils

  1. La supériorité du révélateur accroît la responsabilité de ceux qui reçoivent la révélation
    La conséquence de ce qui vient d'être établi est que nous devons prendre garde d'être emportés loin de la vérité qui nous a été enseignée ; nous encourrions, en négligeant un tel salut, un châtiment pire que les transgresseurs de la loi. (l-3a.)
  2. Conditions dans lesquelles le salut nous a été annoncé
  3. Proclamé d'abord par le Seigneur lui-même, le message du salut nous a été confirmé par ses témoins, Dieu accompagnant leur prédication de signes et de communications du Saint-Esprit. (3b-4.)
NOTES
2.1 C'est pourquoi il faut nous attacher d'autant plus aux choses que nous avons entendues, de peur que nous ne soyons emportés loin d'elles.
  Chapitre 2.

1 à 4 Responsabilité de ceux qui entendent le message salutaire du Fils.

Grec : De peur que nous ne coulions à côté, "comme un vaisseau qui, au moment d'aborder, est emporté plus loin par le courant et entraîné à sa perte." Luther.

Le port, c'est le salut. (Hébreux 1.14 ; 2.3) Cette sérieuse exhortation est une conclusion tirée de la grandeur de Jésus-Christ (c'est pourquoi...), démontrée au chapitre précédent. Dans ce qui suit, (Hébreux 2.2 et suiv) l'auteur motive son avertissement en signalant la responsabilité encourue par ceux qui négligent les vérités salutaires.

2.2 Car, si la parole annoncée par des anges a été ferme, et si toute transgression et désobéissance a reçu une juste rétribution,
  Le terme la parole, au singulier, désigne la Loi (Hébreux 1.4, note ; comparez Actes 7.53 ; Galates 3.19), qui fut, d'après une tradition juive, que les Septante ont introduite dans Deutéronome 33.2, (comparez Actes 7.53, note) promulguée par l'entremise des anges.

- Grec : est devenue ferme : sa certitude et sa crédibilité se sont démontrées au cours de l'histoire, par l'accomplissement de la promesse, (Romains 4.16) comme de la menace. (Romains 3.4)

Comparer Hébreux 10.28,29.

Suivant les uns, la transgression serait la violation d'une défense et constituerait un péché de commission, la désobéissance désignerait la négligence d'un ordre, un péché d'omission.

D'autres, avec plus de raison, estiment que les deux termes unis étroitement par toute, qui n'est pas répété devant le second, s'appliquent à des fautes de même ordre, le premier les caractérisant comme des violations de la loi, le second ajoutant que ces violations sont intentionnelles. Les péchés commis par négligence ou par faiblesse n'étaient pas punis irrémissiblement, ils pouvaient être expiés par un sacrifice. (Lévitique 4,5)

2.3 comment échapperons-nous, si nous négligeons un si grand salut, qui, ayant été annoncé d'abord par le Seigneur, nous a été confirmé par ceux qui l'avaient entendu,
  Au châtiment, (Hébreux 2.2) à la condamnation.

Ce grand salut, si grand en lui même, l'est encore parce que, annoncé d'abord par le Seigneur Jésus, il nous a été confirmé par ceux qui l'entendirent, par ses apôtres, destinés à lui servir de témoins.

6 Luther, Calvin, et la plupart des interprètes, ont conclu de ces paroles, non sans raison, que notre épître ne peut pas avoir été écrite par Paul, qui affirme avoir reçu l'Evangile directement du Seigneur lui-même. (Galates 1.1,11,12 ; 1Corinthiens 9.1 ; 15.8-11)

2.4 Dieu appuyant leur témoignage par des signes et des prodiges et divers miracles, et par des communications de l'Esprit-Saint réparti selon sa volonté ?
  Dieu accompagnait les premiers témoins de l'Evangile ; il ajoutait son témoignage au leur et le confirmait par des signes et des prodiges.

Les deux termes signes et prodiges s'appliquent aux mêmes faits ; le premier indique leur haute signification, le second leur caractère extraordinaire, surnaturel. Jésus présentait de même ses œuvres comme des signes, des preuves de sa mission divine. (Jean 5.36 ; 10.25,37,38 ; 14.10,11 ; 15.24)

Le troisième terme et divers miracles ne mentionne pas une nouvelle catégorie de faits, mais désigne les signes et les prodiges au point de vue de leur origine ; ils sont des miracles, c'est-à-dire, suivant l'étymologie, des puissances, des manifestations de la puissance divine.

- Les trois termes : signes, prodiges, miracles sont associés de même Actes 2.22 ; 2Corinthiens 12.12.

- Tous ces actes miraculeux s'accomplissaient en vertu de communications ou distributions que Dieu faisait de l'Esprit Saint, (1Corinthiens 12) selon sa volonté. La volonté divine reste le régulateur de ces communications et de l'activité qu'elles produisent. C'est la condition pour que celle-ci soit un témoignage rendu par Dieu. (Comparer 2Thessaloniciens 2.9)