1. Craignons donc que quelqu'un d'entre vous, bien que la promesse d'entrer dans son repos subsiste, ne pense être venu trop tard
; 2. car aussi cette bonne nouvelle nous a été annoncée comme à eux ; mais à eux la parole qu'ils entendirent ne leur servit de rien, parce que ceux qui l'entendirent ne se la sont pas appropriée par la foi. 3. Car nous entrons dans le repos, nous qui avons cru, selon qu'il a dit : Je jurai dans ma colère : Ils n'entreront point dans mon repos ; et cela quoique les uvres fussent faites depuis la création du monde ; 4. car il a parlé quelque part ainsi, touchant le septième jour : Et Dieu se reposa le septième jour de toutes ses uvres. 5. Et encore dans ce passage : Ils n'entreront point dans mon repos ! 6. Puis donc qu'il est laissé à quelques-uns d'y entrer, et que ceux à qui la bonne nouvelle en avait été premièrement annoncée, n'y sont pas entrés, à cause de leur désobéissance, 7. il détermine de nouveau un certain jour : Aujourd'hui, disant dans le livre de David, si longtemps après, comme il a été dit ci-devant : Aujourd'hui, si vous entendez sa voix, n'endurcissez point vos curs. 8. Car si Josué leur eût donné le repos, il ne parlerait pas d'un autre jour après cela. 9. Il reste donc un repos de sabbat pour le peuple de Dieu. 10. Car celui qui est entré dans son repos, se repose, lui aussi, de ses uvres, comme Dieu se repose des siennes.
11. Empressons-nous donc d'entrer dans ce repos, afin que personne ne tombe, en suivant le même exemple de désobéissance. 12. Car la parole de Dieu est vivante, et efficace, et plus acérée qu'aucune épée à deux tranchants, et pénétrante jusqu'à partager âme et esprit, jointures et mlles, et juge des pensées et des réflexions du cur. 13. Et il n'y a pas de créature qui soit cachée devant lui, mais toutes choses sont nues et entièrement découvertes à ses yeux ; c'est à lui que nous devons rendre compte.
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NOTES
| 4.1 |
Craignons donc que quelqu'un d'entre vous, bien que la promesse d'entrer dans son repos subsiste, ne pense être venu trop tard ; |
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Chapitre 4.
1 à 14 La promesse du repose de Dieu subsiste. La Parole de Dieu.
Poursuivant l'application du Psaumes 95, l'auteur veut, conformément à la grande pensée de toute son épître, montrer ici encore la supériorité de la nouvelle économie sur l'ancienne, et prémunir les chrétiens auxquels il s'adresse contre l'idée qu'il ne reste plus de promesse de repos, dès le moment où l'ancien peuple l'avait perdue par son incrédulité.
Nul ne doit penser (comparez pour ce sens du mot : Luc 13.2,4) qu'il est venu trop tard, ou "resté en arrière" (d'autres traduisent ce verbe par "se priver de," comme Hébreux 12.15, ou par "manquer de," comme Matthieu 19.20 ; Luc 22.35 ; mais la suite du raisonnement recommande le sens que nous avons adopté) : car nous avons une promesse bien plus glorieuse qu'elle ne pouvait être faite à Israël.
Et pour justifier cette affirmation, clairement énoncée à Hébreux 4.9,10, l'auteur se livre à une suite de considérations qui seront expliquées dans les notes suivantes, autant du moins que l'on peut être sûr d'en avoir saisi le sens ; car dans ces versets règne une concision qui les rend très difficiles à comprendre.
- Les anciennes versions faisaient de cette parole une menace à l'adresse de ceux qui auraient été tentés d'abandonner la promesse et de s'en priver, comme les Israélites. Tous les interprètes modernes repoussent ce sens et adoptent une traduction qui ajoute à l'avertissement contre l'incrédulité née du découragement une consolation pour ceux qui craindraient d'être venus trop tard, alors que la promesse, faite à Israël, subsiste, est encore laissée pour eux. |
| 4.2 |
car aussi cette bonne nouvelle nous a été annoncée comme à eux ; mais à eux la parole qu'ils entendirent ne leur servit de rien, parce que ceux qui l'entendirent ne se la sont pas appropriée par la foi. |
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Grec : Car aussi nous avons été évangélisés aussi bien qu'eux.
La promesse, la bonne nouvelle du repos de Dieu nous a été annoncée. Dés ces premiers mots, l'auteur n'a plus en vue seulement la promesse d'un repos temporel faite aux Israélites, mais la promesse du repos éternel de Dieu. (Hébreux 4.4, note.) Pourquoi leur est elle devenue inutile ? et comment pourrons-nous en recevoir les éternelles bénédictions ? La double réponse va suivre.
Grec : La parole de l'ouïe (la parole entendue, ou mieux encore, par un hébraïsme, la parole qu'on leur faisait entendre, la prédication) n'étant pas mêlée par la foi à ceux qui l'entendirent, ou "mêlée à la foi en ceux qui l'entendirent."
Ils entendirent de leurs oreilles seulement ; or, si elle ne trouve pas en l'homme la foi, la parole de Dieu même et ses plus glorieuses promesses restent une lettre morte. (Marc 4.3-20,27 ; Jacques 1.21) Le côté positif de la même vérité se trouve à Hébreux 4.3.
- D'après une variante, adoptée par Lachmann, Westcott, Hort, et que présentent, il est vrai, tous les Majusc., sauf le Sin., il faudrait traduire : "Eux n'étant pas mêlés par la foi avec ceux qui l'entendirent," n'étant pas unis par la foi avec le petit nombre des croyants (Hébreux 4.6)
Mais l'histoire ne mentionne pas parmi les Israélites dans le désert une minorité croyante. Pour cette raison, M. Weiss déclare cette leçon exégétiquement inadmissible. M. Schlatter, qui l'adopte, pense que ceux qui l'entendirent sont, non les membres fidèles du peuple dans le désert, mais soit les patriarches, soit Moïse. |
| 4.3 |
Car nous entrons dans le repos, nous qui avons cru, selon qu'il a dit : Je jurai dans ma colère : Ils n'entreront point dans mon repos ; et cela quoique les uvres fussent faites depuis la création du monde ; |
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Nous entrons dans le repos, nous qui avons cru ; notre destinée est différente de celle des Israélites, rappelée à Hébreux 4.2, parce qu'on n'entre dans le repos de Dieu que par la foi. Pour preuve l'auteur cite encore une fois la parole de Psaumes 95, qui exclut de ce repos les Israélites qui se sont obstinés dans leur incrédulité. De leur exclusion même, on peut conclure à l'admission des chrétiens qui ont cru.
La doctrine du salut par la foi seule est enseignée dans d'innombrables déclarations de la Parole de Dieu, qui excluent tout autre moyen d'y parvenir. Cet enseignement est confirmé par les redoutables jugements prononcés contre l'incrédulité, qui est présentée comme la révolte de la créature contre le Créateur, le mépris de la miséricorde divine.
Les uvres sont les uvres de Dieu. Cette réflexion a pour but de montrer que le repos de Dieu n'était pas seulement, dans la promesse faite à Israël, le séjour en Canaan, mais le repos éternel dans la communion de Dieu, le repos, par conséquent, s'offrait déjà aux croyants, lorsque l'Eternel dut en exclure les Israélites incrédules.
"On n'entre dans le repos de Dieu que par la foi, selon que Dieu a dit : J'ai juré en ma colère.. (parole qui exclut l'incrédulité) ; et il a dit cela, quoique, à ce moment, ses uvres fussent faites, achevées, depuis la fondation du monde, et que par conséquent le repos éternel que Dieu avait destiné à l'homme existât déjà ; (voir Hébreux 4.4, note) preuve trop évidente que, de tout temps, ceux qui n'ont pas cru ne sont point entrés dans ce repos."
La dernière proposition de Hébreux 4.3 est expliquée et rendue intelligible par Hébreux 4.4. |
| 4.4 |
car il a parlé quelque part ainsi, touchant le septième jour : Et Dieu se reposa le septième jour de toutes ses uvres. |
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"Il a parlé," c'est-à-dire Dieu. La parole de la Genèse que l'auteur cite (Genèse 2.2) et qu'il rapproche de celle du Psaumes 95, avait à ses yeux une profonde signification. Il y est question du repos de Dieu ; or Dieu n'a jamais besoin de repos. L'Ecriture exprime dans ce langage figuré le plaisir, la joie souveraine que le Créateur trouva dans la contemplation de l'uvre qu'il avait appelée à l'existence librement et par amour.
La même pensée est exprimée dans cette autre parole : "Et Dieu vit tout ce qu'il avait fait, et voici, cela était très bon." (Genèse 1.31) Mais cette félicité dont Dieu est la source, et en vue de laquelle il avait résolu de créer des êtres intelligents et aimant, tout ce bonheur, Dieu voulait y faire participer l'homme, sa créature de prédilection, le roi de l'univers.
L'homme devait partager le repos de Dieu, trouver son bonheur en Dieu, tout en accomplissant ici-bas sa destination. Voilà pourquoi, immédiatement après la parole citée ici par l'auteur, nous trouvons dans la Genèse celle-ci : "Et Dieu bénit le septième jour et le sanctifia ;" il le bénit pour l'homme, le sanctifia pour l'homme, "parce qu'en ce jour-là il s'était reposé de toute son uvre qu'il avait créée." Par là même il invitait l'homme à partager ce repos.
Le septième jour lui offrait à la fois l'image et la réalité du repos en Dieu. L'homme fut exclu de ce repos par le péché ; mais aussitôt après intervint, avec le châtiment, la promesse d'une réintégration de l'homme dans le repos de Dieu.
Cette promesse, Dieu en donna à son peuple divers symboles, soit dans la consécration nouvelle du septième jour par la loi, soit dans le repos offert â Israël en Canaan après les longues fatigues du désert ; (Hébreux 4.8) mais toujours ce peuple s'en priva par son incrédulité, et la vraie restauration du repos de Dieu n'eut lieu que par le Fils de Dieu, qui "en a fait annoncer la bonne nouvelle" (Hébreux 4.2) aux enfants d'Abraham selon la foi ; et c'est pourquoi ceuxci célèbrent leur repos au jour de sa victoire (au premier et non au septième de la semaine), y trouvant symbolisée la promesse du vrai repos pour les temps où ils auront "achevé leur uvre." (Hébreux 4.10)
Or, il est bien évident qu'on n'entre dans un tel repos que par la foi, qui est le lien vivant de la réconciliation et de la communion de l'homme avec Dieu. Cette grâce infinie Israël s'en était privé quoiqu'elle lui eût été offerte dès l'origine et de tant de manières ; par son incrédulité, il força Dieu à jurer dans sa colère : "Ils n'entreront point dans mon repos !" L'auteur est si pénétré de cette parole redoutable qu'il la rappelle encore au verset suivant, (Hébreux 4.5) en l'appliquant toujours à ce même repos de Dieu dont il parle. |
| 4.7 |
il détermine de nouveau un certain jour : Aujourd'hui, disant dans le livre de David, si longtemps après, comme il a été dit ci-devant : Aujourd'hui, si vous entendez sa voix, n'endurcissez point vos curs. |
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L'auteur tire dans Hébreux 4.6-10 la conclusion ce qui précède.
Puisqu'il est laissé à quelques-uns d'entrer dans le repos de Dieu, (comparez Hébreux 4.2,9) c'est à dire à tous ceux qui croient, et que, grâce à la miséricorde de Dieu, la désobéissance ou l'incrédulité (Hébreux 3.18) de ceux à qui la bonne nouvelle avait d'abord été annoncée n'a point anéanti cette promesse, (Hébreux 4.6) Dieu détermine de nouveau, même au temps de David, si longtemps après l'époque de la révolte de son peuple, un jour, un jour de grâce, qui s'appelle aujourd'hui, pour exhorter encore tous ceux qui entendraient la voix de Dieu à ne pas endurcir leur cur.
Ils n'avaient aucun prétexte de s'obstiner dans leur endurcissement, puisque, malgré leur ingratitude, Dieu leur maintenait la promesse et les attendait encore pour leur faire grâce.
- "Disant dans le livre de David" (grec dans David), signifie : dans le livre des Psaumes. Il est évident que l'auteur appliquait indirectement la parole du Psaume à ses lecteurs, pour qui elle devait avoir infiniment plus de force encore que pour les Juifs du temps de David, puisque eux, chrétiens, avaient vu l'entier accomplissement de la promesse. |
| 4.9 |
Il reste donc un repos de sabbat pour le peuple de Dieu. |
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Le verset Hébreux 4.8 prouve par un fait (car) la vérité de Hébreux 4.7, et en même temps il est encore un argument pour arriver à la grande conclusion de Hébreux 4.9,10.
Même pour ceux qui entrèrent en Canaan sous Josué, le repos qui leur fut donné ainsi ne pouvait être qu'une très imparfaite image du vrai repos, car sans cela comment, au temps de David, eût il été encore question d'un autre repos ? Il reste donc un repos de sabbat (Grec : un sabbatisme) pour le peuple de Dieu, consolante vérité que l'auteur a exprimée des versets Hébreux 4.1,2, et qu'il a établie pour ses lecteurs portés a en douter parce qu'ils étaient ébranlés dans leur foi. Et quel est l'enfant de Dieu qui n'en ait parfois douté, se demandant avec angoisse, s'il y entrerait jamais !
- Le mot dont se sert ici l'auteur pour exprimer ce repos, sabbatisme ou célébration du sabbat, ne se trouve pas ailleurs dans le Nouveau Testament. Le verbe d'où il dérive est employé par les Septante dans Exode 16.30. |
| 4.10 |
Car celui qui est entré dans son repos, se repose, lui aussi, de ses uvres, comme Dieu se repose des siennes. |
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Ces paroles confirment (car) et développent, en l'appliquant à chaque enfant de Dieu, la consolante vérité exprimée au Hébreux 4.9.
Quand il est entré dans son repos, dans ce repos de Dieu, destiné à l'homme dès la fondation du monde, perdu par le péché et recouvré par la grâce de Dieu dans la rédemption de Jésus-Christ, (comparez Apocalypse 14.13) chaque croyant célèbre le sabbat parfait, éternel ; il se repose, lui aussi, de ses uvres, comme Dieu se repose des siennes, non dans l'oisiveté et l'inaction de la mort, mais dans une activité exempte des stériles agitations de ce monde, calme, puissante comme celle que Dieu ne cesse d'exercer pour la conservation de son uvre. (Psaumes 121.4 ; Jean 5.17 et suivants)
- Quelques exégètes ont appliqué notre verset à Jésus-Christ, entré dans son repos après l'achèvement de son uvre. Ils pensent que l'auteur pouvait être conduit à cette idée par un contraste avec Josué (en grec Jésus, Hébreux 4.8), qui n'a pas pu, lui, introduire dans son vrai repos le peuple de Dieu. Cette explication, peu fondée dans le contexte, est rejetée par les interprètes modernes. |
| 4.11 |
Empressons-nous donc d'entrer dans ce repos, afin que personne ne tombe, en suivant le même exemple de désobéissance. |
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L'auteur a prouvé jusqu'ici qu'il reste un repos aux croyants, au vrai peuple de Dieu. (Hébreux 4.2-10) Maintenant, en terminant par une sérieuse exhortation à entrer dans ce repos, (Hébreux 4.11) il montre mieux encore qu'il entend ce repos en un sens tout spirituel : c'est la communion vivante avec Dieu, dans laquelle l'âme trouve la paix déjà ici-bas et pour l'éternité.
- Les derniers mots du verset sont diversement interprétés. Le texte porte littéralement : afin que nul ne tombe dans le même exemple de désobéissance ou d'incrédulité. La Vulgate, Luther et plusieurs modernes traduisent : "ne tombe dans l'incrédulité ;" mais il est plus conforme au grec de prendre le verbe dans son sens absolu : "ne vienne à tomber, à se perdre." Le complément : "dans le même exemple d'incrédulité" est entendu de deux manières : "en donnant le même exemple," ou : "en imitant cet exemple, entraîné par lui." Cette dernière traduction nous paraît la plus exacte.
L'auteur veut dire : prenons garde, tandis que l'exemple de nos pères nous avertit, que quelqu'un ne vienne à se perdre comme eux. Il indique ainsi encore une fois pourquoi il s'est arrêté à ces traits de l'histoire d'Israël, qu'il a été conduit à rappeler dès le chapitre précédent par sa citation de Psaumes 95.
Dans tout ce morceau l'auteur emploie les mots de désobéissance et d'incrédulité comme entièrement synonymes. (Hébreux 3.18,19 ; 4.6 ; comp Hébreux 3.12,18, notes.) |
| 4.12 |
Car la parole de Dieu est vivante, et efficace, et plus acérée qu'aucune épée à deux tranchants, et pénétrante jusqu'à partager âme et esprit, jointures et mlles, et juge des pensées et des réflexions du cur. |
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L'auteur présente cette description de la parole de Dieu comme un motif de suivre l'exhortation qui précède (car).
Il vient d'appliquer à ses lecteurs plusieurs versets d'un Psaume, qui montraient par des faits que la parole de Dieu, menace aussi bien que promesse, s'accomplit. Il a senti lui-même la puissance divine de l'avertissement donné par le psalmiste de ne pas endurcir son cur à la voix de Dieu. Cette puissance est celle de toute parole de Dieu, qu'elle ait été prononcée sous l'ancienne Alliance par les prophètes ou le soit sous la nouvelle par Jésus Christ et ses apôtres. Quel motif de nous empresser d'entrer dans ce repos de Dieu qu'elle nous annonce encore ! (Hébreux 4.11)
Cette description de la parole de Dieu sert ainsi de conclusion à toute la première partie de l'épître. (Hébreux 4.13)
- La parole de Dieu est vivante et efficace, ou énergique ; vivante comme le "Dieu vivant" (Hébreux 3.12) dont elle procède, comme son Esprit qui agit par elle, et qui par elle crée la vie dans les âmes ; c'est par elle qu'il a appelé à l'existence les choses qui n'étaient pas ; (Hébreux 1.3) efficace, au point que jamais elle ne s'adresse en vain à aucun homme, mais opère en chacun, soit la repentance et le salut, soit la résistance et la condamnation, "odeur de vie pour la vie, ou odeur de mort pour la mort." (2Corinthiens 2.16)
Grec : Plus acérée que toute épée à deux bouches, selon l'image hébraïque d'après laquelle l'épée dévore. (Psaumes 149.5 ; Proverbes 5.4 ; Esaïe 49.2 ; Apocalypse 1.16 comp Jérémie 12.12)
La Parole perce cette cuirasse d'illusions, d'orgueil, de subterfuges, d'égoïsme, de mensonge dont l'homme s'enveloppe devant Dieu. (Comparer Matthieu 7.28 ; Actes 2.37)
Grec : Jusqu'au partage d'âme et d'esprit, de jointures et mlles. Elle pénètre tellement tout l'intérieur de l'homme, qu'elle parvient jusqu'au fond de l'âme, siège des affections, de l'esprit où résident les facultés intellectuelles ; ou pour user d'une figure de langage, elle pénètre jusque dans les parties les plus fortement liées du corps, les jointures, jusqu'à ses parties les plus cachées, les mlles : ainsi la Parole atteint les dernières profondeurs de l'homme, et elle y produit une action qui est indiquée dans les mots suivants.
Le substantif partage nous paraît désigner l'action exprimée par le verbe d'où il dérive et qui signifie : partager, diviser (secondairement : distribuer, d'où le sens de répartition dans Hébreux 2.4). Beaucoup d'interprètes le traduisent par "limite où se séparent." Mais il a plutôt le sens actif, et ce sens convient mieux à notre passage.
Plusieurs commentateurs, estimant que, si l'on peut, à la rigueur, parler d'une limite ou d'une séparation à opérer entre l'âme et l'esprit, on ne saurait en concevoir entre les jointures et les mlles, sous-entendent un second jusqu'à devant les mots jointures et mlles. Ils traduisent : "jusqu'à la limite de l'âme et de l'esprit, jusqu'aux jointures et aux mlles." Mais on peut admettre qu'à l'idée précise de limite s'est substituée celle de point central, ou, si l'on donne au substantif employé par l'auteur le sens actif, on peut supposer qu'il désignait seulement, dans sa pensée, l'action de la parole qui pénètre dans les parties les plus secrètes.
Voilà proprement le but de l'action pénétrante de la Parole : elle exerce en l'homme, dès ici-bas, le jugement de Dieu ; elle porte la lumière dans sa conscience ; elle condamne et absout, elle tue et donne la vie. (Comparer Jean 3.18,19 ; 5.45 ; 9.39 ; 12.48)
Il n'est pas très facile d'établir la nuance qui distingue les pensées des réflexions. Les deux mots signifient pensées dans le Nouveau Testament. Le premier se lit Matthieu 9.4 ; 12.25 ; Actes 17.29 ; il tiendrait plutôt du sentiment et de la volonté. Le second se trouve dans 1Pierre 4.1 ; il relèverait plutôt de l'intelligence et désignerait le jugement porté par la raison ou le dessein arrêté par elle. |
| 4.13 |
Et il n'y a pas de créature qui soit cachée devant lui, mais toutes choses sont nues et entièrement découvertes à ses yeux ; c'est à lui que nous devons rendre compte. |
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La description de la Parole de Dieu est achevée. L'auteur s'élève à Dieu lui même.
C'est bien ainsi en effet que la Parole amène l'âme devant Dieu, où elle se trouve nue, découverte, dépouillée de tout, se jugeant elle-même comme Dieu la juge.
Ce Jugement de Dieu, auquel nul ne peut échapper, est un nouveau motif à l'appui de l'exhortation de Hébreux 4.11 ; car c'est pour nous amener à son repos que Dieu agit ainsi, et s'il y a résistance finale de la part de l'homme, le jugement intérieur par lequel Dieu voulait sauver l'âme se transforme en condamnation éternelle.
La plupart des versions portent : "Aux yeux de Celui à qui nous devons rendre compte." Il est plus conforme au grec de traduire : découvertes à ses yeux ; c'est à lui que nous devons rendre compte, ou, suivant une autre interprétation : "que nous avons affaire."
Cette dernière proposition renferme, en grec, un jeu de mots : le mot que nous traduisons par compte à rendre est le même que le mot parole.
Si nous n'obéissons pas quand Dieu nous parle, c'est nous qui aurons à parler à Dieu, quand il s'agira de nous justifier devant son tribunal. |
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