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35 à 49 Comment ressusciteront les morts ?
L'apôtre, après avoir prouvé qu'il y a une résurrection des morts, en vient au comment de cette doctrine et traduit par sa question une objection que l'on faisait sans doute à Corinthe contre la doctrine de la résurrection.
Les faux docteurs en niaient la possibilité, parce qu'ils se représentaient le corps ressuscité comme étant de même nature matérielle que le corps terrestre ; et c'est là, aujourd'hui encore, à l'égard de cette doctrine, la cause d'ignorance la plus fréquente, ou le prétexte d'incrédulité le plus répandu.
Aussi Paul, appelant à son secours diverses analogies de la nature, enseigne-t-il que la résurrection est une complète glorification du corps. (versets 36-44) |
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Comment ressusciterait un corps entièrement dissous par la corruption ? Voilà l'objection. (verset 35)
L'apôtre y répond par l'exemple analogue du grain de semence, que Jésus-Christ avait employé avant lui. (Jean 12.24, note.)
Voici quel est ici le point principal de la comparaison : le grain jeté en terre et la plante qui en sort sont bien identiques, et ils sont pourtant si complètement divers, que tout ce qu'il y a de visible dans le grain semé périt. Ainsi, même dans la nature, la mort conduit à la vie, et la destruction de tout ce qu'il y a de visible dans un être n'est pas une raison de douter qu'un corps nouveau ne puisse émaner de l'ancien.
L'application de l'image au corps humain se fait d'elle-même. Un germe de nature psychique (verset 46, note) se revêtira du corps glorifié. Toutefois, il ne s'agit point uniquement d'un procédé naturel : la résurrection est un acte direct de la toutepuissance divine, un fruit de la grâce en Jésus-Christ. |
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Cette seconde image élève la pensée au-dessus de notre horizon borné. Nous sommes trop tentés d'envisager avec une sorte de mépris ce qu'il y a en nous de corporel, parce que nous n'y voyons qu'une masse grossière de chair et de sang.
Mais il n'en sera pas toujours ainsi. La diversité infinie des corps dans la nature devrait suffire à nous en avertir. C'est là ce que veut dire l'apôtre : "Voyez combien le corps de l'homme est déjà plus noble plus admirablement organisé que celui des bêtes, et quelle diversité il y a entre ces dernières ! Elevez-vous plus haut encore : ce ne sont là que des corps terrestres : mais contemplez ces corps célestes, si éthérés, si lumineux ! Là aussi se retrouve la diversité ; vous pouvez concevoir des corps plus immatériels encore : d'où vient donc cet aveuglement qui vous fait juger du corps glorifié par ce corps d'argile ?"
- Les corps terrestres (verset 40) sont ceux des hommes et des animaux ; mais qu'est-ce que les corps célestes ?
Plusieurs interprètes entendent par là les corps des anges. Sans doute, cette idée conviendrait très bien, en tant qu'exemple, à l'argumentation de Paul. Mais comme lui-même parle aussitôt après du soleil, de la lune, des étoiles, n'est-il pas plus probable que c'est là ce qu'il entend par corps célestes ? |
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Dans ces versets versets 42-44,1'apôtre applique à la fois les deux comparaisons qui précédent ; celle du grain se retrouve dans les termes : il est semé, et celle de la diversité des corps, dans tous ces glorieux contrastes entre notre corps actuel et celui dont nous serons revêtus après le triomphe final de Christ.
- Afin de peindre plus vivement à nos regards les scènes de cette dernière victoire sur la mort, l'apôtre parle au présent "Le corps est semé ; il ressuscite," ainsi, à cinq reprises successives.
- Sur ces mots : corps animal (qu'il faudrait pouvoir traduire par corps psychique) et corps spirituel, voir la note suivante, et l'opposition de ces deux mêmes épithètes, 1Corinthiens 2.14,15, note. |
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Pour bien comprendre ces paroles qui nous ouvrent une vue profonde sur la nature de l'homme et sur les rapports de la création et de la rédemption, il faut se souvenir que, selon l'Ecriture, l'homme est composé de l'esprit, de l'âme et du corps dans une indivisible unité. (1Thessaloniciens 5.23)
L'esprit est la faculté la plus élevée, celle qui met l'homme en rapport avec Dieu ; l'âme (Grec : psyché) est l'élément de la vie, que nous avons en commun avec tous les animaux de là, la traduction corps animal, doué d'âme (en latin anima, voir 1Corinthiens 2.14, note), avec l'immense différence toutefois, que chez l'homme cette âme est unie à un esprit immortel qui la rend intelligente et en fait le siège, non seulement de sensations et d'instincts, mais de sentiments dont nous avons la conscience et la responsabilité.
Le corps enfin est l'organe matériel de l'esprit et de l'âme. Dieu, en créant l'homme en âme vivante (verset 45, Grec : pour une âme vivante, c'est-à-dire pour grandir toujours plus dans la vie véritable dont la source lui était ouverte, Genèse 2.7-9), voulait que le développement graduel de sa créature se fit par un progrès ascendant vers la spiritualité.
L'esprit de l'homme, en communion vivante avec l'esprit de Dieu, aurait pénétré l'âme, et par elle le corps, l'être tout entier. Ainsi, l'esprit aurait dominé sur toutes les facultés de l'homme, comme l'homme devait dominer sur la nature entière, et il serait parvenu à sa destination glorieuse sans passer par la mort et la résurrection.
Mais, par la chute, toute cette harmonie a été brisée : la communion avec Dieu, source de la vie, fut interrompue ; l'esprit, au lieu de régner, tomba sous la domination de l'âme et du corps, c'est-à-dire des passions et des sens ; l'ordre du progrès fut interverti ; l'homme, destiné à être spirituel, devint charnel et terrestre, et le roi de la création fut l'esclave du péché et de la mort.
- Tel est le premier homme Adam, auquel l'apôtre oppose, dans un puissant contraste, le dernier Adam, (verset 45) Jésus-Christ. Né dans notre nature, Christ était sans doute susceptible de souffrir et de mourir ; mais ayant, par cette souffrance même, par son obéissance et par sa mort, "accompli toute justice," il rétablit en sa personne et en sa vie l'harmonie détruite ; l'esprit qui, en lui, était le temple de l'Esprit de Dieu, pénétra de sa vie l'âme et le corps ; aussi "les liens de la mort ne purent-ils le retenir ;" il fut "vivifié en esprit," (1Pierre 3.18) il ressuscita "par l'Esprit de sainteté" (Romains 1.4) avec un corps glorifié.
Il a donc été fait, pour lui-même et pour les siens en esprit vivifiant, (verset 45) ce que Paul oppose à l'âme vivante du premier Adam.
Christ, en demeurant dans ses rachetés, les rend semblables à lui en toutes choses. (1Corinthiens 15.48,49 ; Romains 8.11 ; comparez 1Corinthiens 6.5) Leur corps nouveau, "conforme au corps glorieux du Christ," (Philippiens 3.21) est ici appelé corps spirituel, par opposition au corps animal (ou psychique) d'Adam, (verset 44) parce qu'il sera entièrement pénétré, glorifié par l'Esprit, manifestant au dehors ce que cet esprit est en lui-même, et reflétant l'éternelle sagesse, la sainteté, la beauté morale, l'amour. |