13. C'est pourquoi, ayant ceint les reins de votre entendement, étant sobres, espérez parfaitement en la grâce qui vous sera apportée à la révélation de Jésus-Christ. 14. Comme des enfants obéissants, ne vous conformant point aux convoitises que vous aviez autrefois, quand vous étiez dans l'ignorance, 15. mais comme Celui qui vous a appelés est saint, vous aussi soyez saints dans toute votre conduite ; 16. attendu qu'il est écrit : Vous serez saints, parce que je suis saint.
17. Et, si vous invoquez comme Père Celui qui, sans acception de personnes, juge selon l'uvre de chacun, conduisez-vous avec crainte pendant le temps de votre séjour sur la terre ; 18. sachant que ce n'est pas par des choses périssables, par de l'argent ou de l'or, que vous avez été rachetés de la vaine manière de vivre que vos pères vous avaient transmise, 19. mais par un sang précieux, comme celui d'un agneau sans défaut et sans tache, par le sang de Christ, 20. préconnu avant la fondation du monde, mais manifesté à la fin des temps à cause de vous ; 21. qui par lui croyez en Dieu, qui l'a ressuscité des morts et lui a donné la gloire, en sorte que votre foi et votre espérance soient en Dieu.
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NOTES
| 1.13 |
C'est pourquoi, ayant ceint les reins de votre entendement, étant sobres, espérez parfaitement en la grâce qui vous sera apportée à la révélation de Jésus-Christ. |
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EXHORTATION GENERALE A LA SAINTETE ET A L'AMOUR. Ch. 1 :13 à 2 :10
13 à 21 Se sanctifier est le devoir de ceux que Christ a rachetés.
Conclusion de tout ce qui précède : parce que vous êtes régénérés pour une espérance vivante, si certaine qu'elle ne peut être ébranlée par aucune épreuve, et si glorieuse qu'elle préoccupe prophètes et anges. Plus l'homme pécheur considère la grandeur du salut dont il a été l'objet, plus il en est assuré, plus aussi il trouve dans cette assurance l'obligation et la force de mener une vie sainte. (versets 13-16)
Comme les anciens ceignaient leur longue robe (grec ayant ceint en haut, ayant relevé votre robe en vous ceignant) autour des reins pour le voyage ou pour le combat (Ephésiens 6.14, 1re note ; Luc 12.35), ainsi le chrétien doit être préparé à tout ordre du Maître, et de plus rester sobre de corps et d'âme, (1Pierre 5.8 ; 1Thessaloniciens 5.6) se tenant dans un état d'attente qui n'est pas l'appréhension de la crainte, mais qui consiste à espérer parfaitement. (Grec : jusqu'au but ; comparez verset 9)
Et quel est le fondement sur lequel s'appuie cette espérance ? La grâce qui leur sera apportée à la révélation de Jésus-Christ, c'est à dire la pleine délivrance qui accompagnera le retour de Christ. (1Pierre 1.7 ; 1Corinthiens 1.7 ; 2Thessaloniciens 1.7-10)
- D'autres entendent par la révélation de Jésus-Christ sa manifestation par l'Évangile. (versets 10-12,20) Ils se fondent sur le fait que le grec porte : "La grâce qui vous est apportée" (au présent).
Mais, suivant l'usage constant du Nouveau Testament, la révélation de Jésus-Christ est son retour glorieux à la fin des temps.
Grec : Des enfants d'obéissance, qui obéissent à la vérité, (versets 2,22) et par opposition aux "enfants de rébellion" ou de "désobéissance," ce dernier terme de signant l'état naturel de l'homme inconverti. (Ephésiens 2.2, 2è note) Dans de telles locutions (comparez aussi les expressions : enfants "de lumière," Ephésiens 5.8 "de colère," Ephésiens 2.3 "de malédiction," 2Pierre 2.14), l'accent ne porte pas sur le mot enfants, mais sur le complément qui lui est adjoint.
Quelques interprètes pensent que l'auteur emploie ici le mot enfant, parce qu'il a déjà en vue la pensée qu'il exprimera au verset 17 "Si vous invoquez comme Père..." Cela est moins probable. |
| 1.14 |
Comme des enfants obéissants, ne vous conformant point aux convoitises que vous aviez autrefois, quand vous étiez dans l'ignorance, |
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Quand vous étiez dans l'ignorance, grec dans votre ignorance.
Les hommes à qui l'apôtre parle ainsi étaient plutôt d'anciens païens que d'anciens juifs, car leur ignorance est celle décrite Ephésiens 4.18 et suivants, non celle mentionnée à Actes 3.17. |
| 1.15 |
mais comme Celui qui vous a appelés est saint, vous aussi soyez saints dans toute votre conduite ; |
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Lévitique 11.44 ; 19.2. La sainteté de Dieu est pour tout homme le plus impérieux motif de devenir saint. S'y refuser, serait s'exclure de la communion avec Dieu, qui, par sa nature même, ne peut avoir aucun contact avec ce qui est souillé.
Ces paroles, et l'application qu'en fait l'apôtre, prouvent combien il est faux d'admettre que dans l'Ancien Testament le mot saint signifie seulement "mis à part," consacré pour le service de Dieu, et n'implique pas l'idée de la pureté morale.
Si tous les objets qui servaient au culte étaient appelés saints, s'il était défendu de les employer à aucun usage profane, c'était là un symbole qui devait prêcher aux adorateurs du vrai Dieu la sainteté réelle du cur et de la vie qu'il exige de ses enfants. (verset 22 et suiv) |
| 1.17 |
Et, si vous invoquez comme Père Celui qui, sans acception de personnes, juge selon l'uvre de chacun, conduisez-vous avec crainte pendant le temps de votre séjour sur la terre ; |
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Comparer Romains 2.6, note ; 1Corinthiens 3.13 ; 2Corinthiens 5.10.
Le doux nom de Père que nous donnons à Dieu, pas plus que le privilège d'espérer parfaitement en la grâce, (verset 13) n'exclut la crainte, c'est-à-dire le sentiment de notre péché et de la justice de Dieu.
Les deux dispositions s'accordent très bien dans l'expérience des consciences vraiment délicates. Pour d'autres, au contraire, la confiance en la grâce de Dieu peut les porter à croire que ce Père envisage leurs fautes avec l'indulgence de la faiblesse.
Aussi l'apôtre nous rappelle-t-il que ce Père reste notre Juge qu'il ne fait pas acception de personnes, qu'il n'y a point devant lui de privilégiés, mais que, pour tous, la foi qui ne produit pas l'amour, l'obéissance, la sainteté, ne saurait les sauver de la condamnation. (Comparer 1Jean 2.6 ; 3.3,Hébreux 12.28 ; Philippiens 2.12)
- La pensée que notre vie ici-bas n'est qu'un séjour (les mots sur la terre ne sont pas dans le grec) très court, donne plus de force encore à l'exhortation de l'apôtre. |
| 1.19 |
mais par un sang précieux, comme celui d'un agneau sans défaut et sans tache, par le sang de Christ, |
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Pierre indique à ses lecteurs un nouveau motif de se conduire avec cette crainte sanctifiante dont il vient de parler : (versets 15-17) le prix immense auquel ils ont été rachetés.
D'après d'autres, les paroles qui suivent sont destinées à montrer la possibilité de la sanctification : vous pouvez être saints, car vous avez été rachetés. La première liaison nous paraît plus naturelle. La croix de Jésus-Christ, démonstration du péché de l'homme et de la justice de Dieu, sera toujours le plus puissant mobile de la sanctification, en même temps qu'elle est la source de la paix. Mais tous les détails de cette parole de l'apôtre ont leur importance.
Vous avez été rachetés, de quoi ? de votre vaine manière de vivre. Cette expression semble indiquer que l'apôtre a surtout en vue l'asservissement de la volonté, l'esclavage créé par le péché d'habitude, et que le rachat est pour lui ce que Paul, dans Romains 6, appelle l'affranchissement du péché, en d'autres termes la sanctification. (Comparer. 2.14)
Mais peut-être considère-t-il aussi la malédiction que le péché fait peser sur celui qui l'a commis et envisage-t-il le rachat comme sa réconciliation avec Dieu, d'après Romains 3.24 et suivants ; Hébreux 9.15 ; comparez Hébreux 2.14 et suivants Notre apôtre associe les deux idées dans 1Pierre 2.24. La manière d'être du pécheur est vaine, (comparez Ephésiens 4.17) parce qu'elle est sans réalité, comme les faux dieux que les hommes opposent au Dieu vivant, (Actes 14.15) et parce qu'elle est vouée à la ruine et au néant. (Romains 8.20)
"Une manière de vivre vaine est celle qui ne laisse aucun fruit quand le temps de la vie est écoulé." Bengel.
Telle était la manière de vivre des lecteurs avant qu'ils connussent l'Évangile ; elle leur avait été transmise par leurs pères, et ce pouvait être pour eux une raison d'y persévérer.
"Dans les choses de la religion, les hommes, et les Juifs en particulier, tiennent trop à ce qui leur a été transmis par leurs pères." Bengel.
Le rachat, la délivrance de cette vie de péché ne pouvait se faire par de l'argent ou de l'or, comme pour des prisonniers de guerre ou des esclaves. Cette antithèse fait ressortir la grandeur de l'uvre accomplie par Christ, et montre en même temps la signification de son sacrifice.
Un sang précieux, voilà le prix de notre rédemption. Sous l'ancienne économie, le rachat du pécheur était accompli symboliquement par le sang d'un agneau, qui toujours devait être sans défaut et sans tache. (Lévitique 4.32 ; Exode 12.5)
La comparaison de Christ avec un agneau est empruntée à la seconde partie du livre d'Esaïe, spécialement à Esaïe 53, où l'image de l'agneau symbolise la patience et l'innocence du serviteur de l'Eternel. (Esaïe 53.7,9) L'idée de la délivrance par voie de rachat est fréquente dans cette prophétie. (Esaïe 44.22,24 ; 51.11 ; 52.3, où il est même dit : "Ce n'est pas à prix d'argent que vous serez rachetés.")
Pierre s'est inspiré de cette prophétie, qu'il cite textuellement dans 1Pierre 2.22-25. La parfaite sainteté du Christ est ce qui rend le sang de son sacrifice précieux. (2Corinthiens 5.21 ; Hébreux 7.26 ; 9.12 ; 1Jean 3.5)
Telle est la pensée de l'apôtre, pensée à laquelle il revient à plusieurs reprises, (1Pierre 1.2 ; 2.22 ; 3.18) comme Jésus-Christ lui-même. (Matthieu 20.28 ; 26.28) |
| 1.20 |
préconnu avant la fondation du monde, mais manifesté à la fin des temps à cause de vous ; |
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Préconnu signifie aussi prédestiné selon le conseil de Dieu soit que la prescience divine se rapporté à Christ, comme ici, soit qu'elle s'applique aux élus. (verset 2) Dieu avait déterminé dès avant la fondation du monde la rédemption (1Corinthiens 2.7) et ceux qui y auraient part : (Ephésiens 1.4) cela suppose évidemment que le Rédempteur était dès lors aussi préconnu et prédestiné pour cette uvre. (Jean 17.24 ; Actes 17.31)
C'est en Christ, son Fils bien-aimé, que Dieu a aimé le monde, (Jean 3.16) l'humanité dont il prévoyait le péché, et qui, sans cet amour, eût été perdue.
Cet enseignement nous fait entrevoir comment, sous le règne d'un Dieu qui est sainteté et amour, a pu se produire le mystère insondable de la chute. Et comme le Sauveur a été manifesté (grec) au dernier des temps, (Hébreux 1.1 ; 9.26) celui où l'apôtre écrivait, il voit dans ce fait de la miséricorde éternelle de Dieu un nouveau motif d'obéissance et d'amour, qu'il indique à ses lecteurs : à cause de vous. |
| 1.21 |
qui par lui croyez en Dieu, qui l'a ressuscité des morts et lui a donné la gloire, en sorte que votre foi et votre espérance soient en Dieu. |
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Le chrétien n'est arrivé à croire en Dieu, comme en son Père, que par Jésus Christ.
La résurrection et la glorification de Christ sont, d'après versets 3-5, la condition de cette foi : parce que nous avons un Sauveur vivant auprès de Dieu, nous pouvons nous approcher de lui avec la confiance de la foi. (Ephésiens 3.12 ; Hébreux 4.14-16 ; 6.20)
Quelques-uns traduisent : "En sorte que votre foi est aussi votre espérance en Dieu." La traduction admise est plus naturelle ; elle rend mieux compte de la position des mots : en Dieu. C'est sur eux, et non sur l'espérance que porte l'accent.
La phrase ainsi traduite ne fait pas double emploi avec celle qui ouvre le verset : (grec) qui êtes par lui croyants en Dieu. Il y a gradation : parce qu'ils sont devenus tels, leur foi et leur espérance reposent sur Dieu. L'objet de la foi est le présent, celui de l'espérance l'avenir. L'une et l'autre sont vivantes (verset 3) en Dieu. |