22. Ayant donc purifié vos âmes dans l'obéissance à la vérité, pour avoir un amour fraternel sans hypocrisie, aimez-vous ardemment les uns les autres, du fond du cur ; 23. ayant été régénérés, non par une semence corruptible, mais par une semence incorruptible, par la parole de Dieu, vivante et permanente. 24. Car toute chair est comme l'herbe, et toute sa gloire comme la fleur de l'herbe ; l'herbe a séché et la fleur est tombée, 25. mais la parole du Seigneur demeure éternellement. Or c'est là la parole qui vous a été annoncée.
1. Ayant donc rejeté toute malice, et toute fraude, et la dissimulation, et l'envie, et toute médisance, 2. désirez avec ardeur, comme des enfants nouveau-nés, le lait pur qui se trouve dans la Parole, afin que, par lui, vous croissiez pour le salut, 3. si vous avez goûté que le Seigneur est bon.
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NOTES
| 1.22 |
Ayant donc purifié vos âmes dans l'obéissance à la vérité, pour avoir un amour fraternel sans hypocrisie, aimez-vous ardemment les uns les autres, du fond du cur ; |
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1 :22 à 2 :3 Amour fraternel et croissance spirituelle.
Dans les versets précédents, l'apôtre a exprimé la pensée que nous sommes enfants du Père céleste. Il en conclut (donc) que nous devons nous aimer comme des frères.
La purification de l'âme, siège des affections, la destruction de tous ses penchants égoïstes et impurs, n'a lieu que par l'obéissance pratique à la vérité divine, reçue dans le cur. (Le texte de quelques majuscules ajoute : par l'Esprit)
Et c'est ce qui seul rend possible un vrai amour fraternel. Pour aimer selon Dieu il faut aimer en Dieu. Lui seul nous rend capables de nous aimer les uns les autres ardemment, d'un amour qui persévère dans son intensité, (Matthieu 24.12 ; Jean 13.1) qui provienne du fond d'un cur dépris de lui-même, et qui soit absolument sans hypocrisie. (Comparer 1Jean 4.10 et suivants, note)
Le texte reçu (Sin., C) porte : d'un cur pur. Cette épithète n'étant pas authentique, il y a simplement dans le grec : "Aimez-vous les uns les autres, de cur, ardemment." |
| 1.23 |
ayant été régénérés, non par une semence corruptible, mais par une semence incorruptible, par la parole de Dieu, vivante et permanente. |
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La régénération est ici envisagée comme motif d'un vrai amour fraternel : elle en fait un devoir sacré, en le rendant possible. Le moyen de ce renouvellement n'est pas terrestre (semence corruptible) ; la vie nouvelle ne vient pas de ce monde, mais de Dieu, c'est sa parole, semence incorruptible, qui agit par le Saint-Esprit et crée la vie dans les âmes.
Cette Parole est vivante et permanente (les mots pour l'éternité du texte reçu, quoiqu'ils se lisent dans plusieurs majusc, ne sont pas authentiques), et c'est pour cela que la vie qui en provient est impérissable comme tout ce qui est divin. (Comparer Jacques 1.18)
On pourrait aussi traduire, avec Calvin et Bèze : la parole du Dieu vivant et qui demeure. Daniel 6.26 présente cette formule mais dans Hébreux 4.12, on lit : la parole vivante. Dans notre passage aussi, le grand nombre des interprètes rattachent l'épithète à la parole. |
| 1.25 |
mais la parole du Seigneur demeure éternellement. Or c'est là la parole qui vous a été annoncée. |
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Grec : évangélisée.
Pierre veut encore prouver par une solennelle déclaration de l'Ecriture que la parole de Dieu et la vie qu'elle crée demeurent à toujours, tandis que tout ce qui est chair, humain, périt comme la fleur de l'herbe. Pour cela, il cite Esaïe 40.6. (Le texte reçu, avec quelques majuscules, porte : la gloire de l'homme, au lieu de sa gloire) Mais il ajoute aussitôt que cette parole divine est parvenue à sa plénitude de vérité et de vie par l'Évangile qui a été annoncé.
Cet Evangile contenu en germe et sous le voile de la prophétie dans l'ancienne Alliance, est maintenant le moyen puissant de régénération et de vie, depuis qu'il a été manifesté au monde. |
| 2.1 |
Ayant donc rejeté toute malice, et toute fraude, et la dissimulation, et l'envie, et toute médisance, |
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Chapitre 2.
Cette particule conclusive montre que l'apôtre veut fonder l'exhortation qui va suivre sur ce qu'il a dit précédemment.
En effet, il a insisté (1Pierre 1.22,23) sur l'amour fraternel, fruit de la régénération par la Parole.
Il reprend ici cette double idée pour demander aux chrétiens :
1° de renoncer à tout ce qui est contraire à cet amour ; (verset 1)
2° de se nourrir de l'aliment qui a opéré leur régénération, afin de croître dans la vie nouvelle. (versets 2,3)
Dissimulation : grec hypocrisie (B), hypocrisies (majusc) ; l'envie : grec les envies.
- Autant de vices incompatibles avec l'amour fraternel, (1Pierre 1.22) et que tous les "régénérés" ont rejetés, (gr) déposés, comme un vêtement sale (Zacharie 3.3-5,Romains 13.12,Ephésiens 4.22,Colossiens 3.8,Jacques 1.21) par le fait même qu'ils sont nés de nouveau.
La malice, ou méchanceté, qui consiste en toute sorte de sentiments contraires à la charité, (1Corinthiens 13.5-7) pousse à la fraude ou à la fausseté dans les procédés dont nous usons envers nos frères ; nous couvrons ceux ci du masque de la bienveillance, c'est l'hypocrisie ou les hypocrisies, le pluriel marquant les diverses occasions de dissimuler.
L'envie, excitée par la supériorité ou les avantages que possède le prochain, nous porte à proférer sur son compte toute espèce de médisance. |
| 2.2 |
désirez avec ardeur, comme des enfants nouveau-nés, le lait pur qui se trouve dans la Parole, afin que, par lui, vous croissiez pour le salut, |
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Nés par la régénération. (1Pierre 1.23)
Cette expression n'implique pas que tous les lecteurs fussent de nouveaux convertis, en effet, quel est le chrétien qui ne doive pas, à certains égards, se considérer toute sa vie comme un faible enfant ? L'état le plus avancé auquel nous puissions atteindre ici-bas est beaucoup moins éloigné de la première enfance spirituelle qu'il ne l'est de la perfection et de la gloire. D'ailleurs, l'image du petit enfant évoque un ensemble de dispositions qui sont l'opposé des vices indiqués à verset 1. (Matthieu 18.3) Cette image convenait admirablement à l'exhortation de rechercher l'aliment spirituel nécessaire à l'âme, puisque le nouveau-né n'a qu'un désir, qu'un instinct, qui est de prendre le lait maternel, dont la vie même lui fait un besoin toujours renaissant. (Voir la note suivante.)
Pur signifie non falsifié, (2Corinthiens 2.17 ; 4.2) comme le lait que le petit enfant prend au sein de sa mère.
Quant aux mots : qui se trouvent dans la Parole, ils correspondent dans l'original à un adjectif dérivé de logos, la parole. Par cette épithète, l'apôtre veut probablement indiquer la source où se puise le lait que ses lecteurs doivent désirer. Ce sens devient évident si l'on fait attention que Pierre vient d'attribuer à la Parole la régénération de ces nouveau-nés. (1Pierre 1.23,25) Or, ce qui a produit en eux la vie peut seul l'entretenir, la faire grandir.
De plus, l'apôtre continue : (verset 3) "Si vous avez goûté que le Seigneur est bon." Jésus, le Sauveur, que leurs âmes ont trouvé dans la Parole de l'Évangile, est lui-même le lait qui les nourrit. La plupart traduisent cet adjectif par spirituel ("le lait spirituel est celui que l'on boit avec l'âme" Luther) ou par "raisonnable" (Calvin), d'après le sens du mot en Romains 12.1. Mais cette interprétation convient beaucoup moins à l'ensemble de notre passage.
Le lait ne signifie point, comme chez Paul, (1Corinthiens 3 ; 1,2) les premiers éléments de la doctrine, destinés à ceux qui ne peuvent encore supporter une nourriture solide. La Parole est l'aliment des forts comme des faibles. Aussi est-ce d'elle que l'apôtre attend pour tous la croissance, et cela jusqu'au dernier terme, pensée qu'il exprime par ce mot, omis à tort par le texte reçu : pour le salut (la plupart des majuscules). |
| 2.3 |
si vous avez goûté que le Seigneur est bon. |
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Psaumes 34.9. Le si n'exprime pas précisément un doute, mais plutôt la condition du désir.
C'est une première expérience du salut, qui seule nous le fait désirer toujours de nouveau, comme l'allaitement réveille, chez l'enfant, le désir de la nourriture qui est sa vie. |