9. Une grande multitude donc de Juifs apprirent qu'il était là, et ils vinrent, non à cause de Jésus seulement, mais pour voir aussi Lazare, qu'il avait ressuscité d'entre les morts. 10. Mais les principaux sacrificateurs délibérèrent de faire mourir aussi Lazare, 11. parce que beaucoup de Juifs se retiraient, à cause de lui, et croyaient en Jésus.
12. Le lendemain, une grande foule, celle qui était venue à la fête, ayant appris que Jésus se rendait à Jérusalem, 13. prit des branches de palmier, et sortit au-devant de lui ; et ils criaient : Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur, et le roi d'Israël ! 14. Or Jésus ayant trouvé un ânon, s'assit dessus, selon qu'il est écrit : 15. Ne crains point, fille de Sion ; voici, ton roi vient, assis sur le petit d'une ânesse. 16. Ses disciples ne comprirent pas d'abord ces choses ; mais quand Jésus eut été glorifié, alors ils se souvinrent que ces choses étaient écrites de lui, et qu'on les lui avait faites. 17. La foule donc, qui était avec lui quand il avait appelé Lazare hors du sépulcre et qu'il l'avait ressuscité des morts, rendait témoignage. 18. Ce fut aussi pour cela que la foule alla au-devant de lui ; parce qu'elle avait appris qu'il avait fait ce miracle. 19. Les pharisiens dirent donc entre eux : Vous voyez que vous ne gagnez rien ; voilà que le monde s'en est allé après lui.
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NOTES
| 12.9 |
Une grande multitude donc de Juifs apprirent qu'il était là, et ils vinrent, non à cause de Jésus seulement, mais pour voir aussi Lazare, qu'il avait ressuscité d'entre les morts. |
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Cette grande multitude de Juifs étaient des habitants de Jérusalem où Jésus était attendu avec un vif intérêt, (Jean 11.56) et qui, ayant appris qu'il était là, tout près, à Béthanie, s'empressèrent d'y venir pour rencontrer Jésus, et surtout pour voir de leurs yeux ce Lazare qu'il avait ressuscité d'entre les morts.
Ils voulaient se convaincre, par eux-mêmes de la réalité de ce grand miracle.
- Encore ici (comparez Jean 11.37, note) plusieurs interprètes ont voulu voir dans ces Juifs des adversaires de Jésus, parce que Jean désigne ordinairement ainsi ces derniers. Le verset 11 rend cette opinion inadmissible. |
| 12.11 |
parce que beaucoup de Juifs se retiraient, à cause de lui, et croyaient en Jésus. |
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Jean met en opposition (mais) ces principaux sacrificateurs avec la foule du verset précédent.
Ils avaient déjà décidé la mort de Jésus, (Jean 11.57) et maintenant, ils veulent se défaire aussi de Lazare, ce témoin gênant de la puissance divine du Sauveur.
Ils voyaient, en effet, avec une vive irritation que beaucoup de Juifs, convaincus par la vue de ce ressuscité (à cause de lui), les abandonnaient (grec s'en allaient) et croyaient en Jésus.
Cet exemple frappant montre que pour des hommes aveuglés par l'endurcissement et la haine de la vérité, les preuves les plus éclatantes sont parfaitement impuissantes.
Quelle confirmation de la parole de Jésus : Luc 16.31 ! |
| 12.13 |
prit des branches de palmier, et sortit au-devant de lui ; et ils criaient : Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur, et le roi d'Israël ! |
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Le lendemain désigne le jour qui suivit la visite de Jésus à Béthanie, c'est à dire, selon la supposition la plus généralement admise, (verset 1, note) le dimanche, appelé dès lors dans l'Eglise le dimanche des Rameaux ou des palmes, en souvenir de l'entrée royale de Jésus à Jérusalem.
C'est ici, en effet, que le récit de Jean rejoint celui des synoptiques, qui passent sous silence le séjour de Jésus à Béthanie ; ils placent quelques jours plus tard l'acte accompli par Marie chez Simon le lépreux, afin de le mettre dans un rapport direct avec l'histoire de la Passion (Voir Matthieu 21.1, note.)
- Il ne faut pas confondre cette grande foule avec celle dont il est parlé au verset 9. Ici il s'agit moins des habitants de Jérusalem que de cette multitude de pèlerins étrangers venus à la fête et qui, ayant appris que Jésus approchait, allèrent en divers groupes au devant de lui.
Ainsi, à mesure qu'il avançait, Jésus voyait s'augmenter son cortège "Un souffle de Joie céleste passe sur cette multitude. Leur allégresse et leurs espérances éclatent dans des chants et des symboles significatifs. Le palmier, par la beauté permanente de sa magnifique couronne de feuilles, est l'emblème non seulement de la force, de la beauté et de la joie, mais du salut. (Lévitique 23.40 ; et 13.51)" Godet.
Voir, sur ce chant de louanges emprunté au Psaumes 118. Matthieu 21.9, note.
Par ces paroles pleines de joie, la foule reconnaît en Jésus Celui qui vient au nom du Seigneur (en hébreu, au nom de l'Eternel), c'est-à-dire, le Messie promis, le Roi d'Israël.
Et tandis qu'auparavant Jésus s'était dérobé à d'autres foules qui voulaient le proclamer roi, (Jean 6.15) il accepte maintenant ces hommages, parce que son heure était venue. |
| 12.14 |
Or Jésus ayant trouvé un ânon, s'assit dessus, selon qu'il est écrit : |
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Jean ne dit pas comment Jésus trouva, se procura cet ânon ; il suppose le fait connu d'après les premiers évangiles. (Matthieu 21.2 et suivants)
Quant à la prophétie de Zacharie 9.9, l'évangéliste ne fait que la rappeler en l'abrégeant, afin d'en montrer l'accomplissement dans les faits qu'il raconte. (Voir, sur cette citation, Matthieu 21.5, note.)
Aux paroles triomphantes du prophète : "Tressaille de joie, fille de Sion," Jean substitue un simple : Ne crains point, parce qu'à ses yeux l'humble monture du Sauveur marque surtout le caractère doux et paisible de son règne.
Il y a même dans le texte un gracieux diminutif : petit ânon, opposé, dit Bengel, au cheval de guerre dont Jésus n'a pas voulu se servir. |
| 12.16 |
Ses disciples ne comprirent pas d'abord ces choses ; mais quand Jésus eut été glorifié, alors ils se souvinrent que ces choses étaient écrites de lui, et qu'on les lui avait faites. |
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Au premier abord, les disciples ne comprirent ni le sens symbolique de cette entrée royale sous un appareil si humble, ni le rapport de cet événement avec la prophétie, mais après que Jésus fut glorifié et qu'eux-mêmes furent remplis de l'Esprit de lumière, alors ils se souvinrent et comprirent.
- Les derniers mots : qu'on les lui avait faites (grec qu'ils les lui avaient faites) pourraient se rapporter aux disciples eux mêmes et rappeler que c'étaient ceux-ci qui avaient procuré à Jésus son humble monture et l'avaient fait asseoir dessus.
Telle est la pensée de plusieurs exégètes (Meyer, Holtzmann, Godet).
Mais comme le fait remarquer M. Weiss, ce n'était là qu'un incident secondaire dont Jean ne parle pas ; il est donc plus naturel de considérer la grande foule (verset 12) comme sujet sous-entendu de ce verbe et de rapporter celui-ci aux acclamations dont Jésus venait d'être l'objet.
C'était là le fait important de la journée, c'était son peuple qui avait fait ces choses à Jésus et les disciples s'en souvinrent avec bonheur, quand ils eurent compris la royauté éternelle de leur Maître. |
| 12.18 |
Ce fut aussi pour cela que la foule alla au-devant de lui ; parce qu'elle avait appris qu'il avait fait ce miracle. |
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Dans ces deux versets (versets 17,18) l'évangéliste explique (donc) que la cause de ces hommages rendus à Jésus était la résurrection de Lazare.
Ce fait est exprimé en termes triomphants : il avait appelé Lazare hors du sépulcre et l'avait ressuscité d'entre les morts.
Jean mentionne ici deux foules qui glorifiaient le Sauveur : l'une qui était avec lui à Béthanie, qui avait été présente à la résurrection de Lazare et qui rendait témoignage l'autre qui, de Jérusalem, alla au-devant de lui, parce qu'elle avait appris qu'il avait fait ce miracle. (verset 12)
Ce furent ces deux foules réunies qui acclamèrent Jésus comme Messie et Roi d'Israël. (verset 13)
- D'après une variante de D, quelques majuscules, Itala, admise par Lachmann, Tischendorf, Meyer, il faudrait traduire ainsi le verset 17 "La foule qui était avec lui, rendait témoignage qu'il avait appelé Lazare," au lieu de : "Qui était avec lui quand il avait appelé Lazare."
Selon le contexte, l'idée reste la même au fond mais la leçon que nous adoptons est beaucoup plus autorisée (Sin., B, A, C, majuscules et minusc.), et la plupart des éditeurs et interprètes l'admettent, considérant l'autre comme une correction. |
| 12.19 |
Les pharisiens dirent donc entre eux : Vous voyez que vous ne gagnez rien ; voilà que le monde s'en est allé après lui. |
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Quel contraste entre ces pharisiens ennemis et la multitude remplie d'enthousiasme pour le Sauveur ! Les premiers semblent regarder leur cause comme perdue : "Vous voyez de vos yeux que vous ne gagnez rien par vos lenteurs ; voilà que le monde, tout le peuple, vous abandonne et que déjà il s'en est allé après lui !,"
On voit là des hommes uniquement occupés de leurs intérêts, de leur domination, et nullement de la vérité. |