38. Or après ces choses, Joseph d'Arimathée, qui était disciple de Jésus, mais en secret, par crainte des Juifs, demanda à Pilate qu'il pût prendre le corps de Jésus ; et Pilate le permit. Il vint donc et prit le corps de Jésus. 39. Or Nicodème, qui d'abord était venu de nuit vers Jésus, vint aussi apportant un mélange de myrrhe et d'aloès d'environ cent livres. 40. Ils prirent donc le corps de Jésus et l'enveloppèrent de linges, avec les aromates, comme les Juifs ont coutume d'ensevelir. 41. Or il y avait, dans le lieu où il avait été crucifié, un jardin, et dans ce jardin un sépulcre neuf, dans lequel personne encore n'avait été mis. 42. Ce fut donc là qu'ils déposèrent Jésus, à cause de la préparation des Juifs, parce que le sépulcre était proche.
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NOTES
| 19.38 |
Or après ces choses, Joseph d'Arimathée, qui était disciple de Jésus, mais en secret, par crainte des Juifs, demanda à Pilate qu'il pût prendre le corps de Jésus ; et Pilate le permit. Il vint donc et prit le corps de Jésus. |
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38 à 42 La sépulture de Jésus.
Voir, sur la sépulture de Jésus, Matthieu 27.57 et suivants ; Marc 15.42 et suivants, Luc 23.50 et suivants
Après ces choses, c'est-à-dire après ce qui est raconté aux versets 31-34.
Un temps assez considérable s'écoula depuis la demande des Juifs à Pilate jusqu'à ce que les soldats eussent rempli leur triste mission et jusqu'à ce que les crucifiés, auxquels on avait rompu les jambes, fussent morts ; car, avant cela on ne pouvait les ôter de la croix.
C'est pendant ce temps que Joseph d'Arimathée demanda et obtint de Pilate le corps de Jésus.
La contradiction que de Wette pensait avoir découverte entre les premiers mots de ce récit et le verset 31 n'existe donc pas.
- Voir, sur Joseph d'Arimathée, Matthieu 27.57 ; Marc 15.43 ; Luc 23.50,51, notes.
Il était disciple de Jésus, mais en secret, à cause de la crainte qu'inspirait le pouvoir tyrannique du sanhédrin. (Jean 12.42 ; 7.13 ; 9.22)
Et maintenant, comme Nicodème, (verset 39) au moment où le danger est le plus grand, et lorsque la cause de Jésus paraît avoir péri avec lui, Joseph trouve-le courage, qui lui avait manqué jusqu'alors, de rendre à son Maître les pieux devoirs de la sépulture.
Aussi Marc (Marc 15.43) dit-il qu'il "s'enhardit" pour aller vers Pilate. |
| 19.39 |
Or Nicodème, qui d'abord était venu de nuit vers Jésus, vint aussi apportant un mélange de myrrhe et d'aloès d'environ cent livres. |
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Trois fois, dans son évangile, Jean met en scène cet honnête pharisien, Nicodème, membre du sanhédrin ; et, chaque fois, c'est pour marquer un progrès dans le courage avec lequel il manifeste sa conviction.
D'abord, il vient timidement de nuit vers Jésus. (Jean 3.1,2)
Ensuite, il prononce une parole de justice en sa faveur, au sein même du sanhédrin irrité contre lui. (Jean 7.50)
Enfin quand le Sauveur a succombé sous les coups de ses adversaires, Nicodème, comme Joseph, son collègue, se déclare ouvertement pour le crucifié.
Comme l'observe M. Luthardt, l'évangéliste tient à relever le fait que Joseph d'Arimathée et Nicodème, tous deux sur la réserve jusqu'ici dans leurs rapports avec Jésus, se décident en ce moment ouvertement. "La mort du Sauveur, ajoute-t-il, est la puissance qui triomphe des hommes."
- On s'étonne au premier abord, de la quantité des aromates que Nicodème fait apporter pour embaumer le corps de Jésus. Mais, comme Marie de Béthanie, (Jean 12.3) il montre par cette sorte de prodigalité la grandeur d'un amour qui ne sait point calculer. (Comparer 2Chroniques 16.14) |
| 19.40 |
Ils prirent donc le corps de Jésus et l'enveloppèrent de linges, avec les aromates, comme les Juifs ont coutume d'ensevelir. |
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Voir, sur tous les soins pieux de cet ensevelissement, Matthieu 27. note. |
| 19.41 |
Or il y avait, dans le lieu où il avait été crucifié, un jardin, et dans ce jardin un sépulcre neuf, dans lequel personne encore n'avait été mis. |
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Ce sépulcre était celui de Joseph d'Arimathée. (Matthieu 27.60)
Trois évangélistes, Matthieu, Luc et Jean, font observer que ce sépulcre était neuf et que personne n'y avait été mis.
Ils voient, dans ce détail, non seulement une manière d'honorer d'autant plus le Sauveur, mais ils tiennent à montrer par là qu'il n'eut aucun contact avec des morts, ce qui, aux yeux des Juifs, eût été une souillure.
Faut-il ajouter, avec quelques exégètes, que, lorsque ce tombeau fut trouvé vide, il ne put y avoir aucun doute sur la résurrection de Jésus ? |
| 19.42 |
Ce fut donc là qu'ils déposèrent Jésus, à cause de la préparation des Juifs, parce que le sépulcre était proche. |
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Le but de ce verset est de montrer la hâte avec laquelle Joseph et Nicodème remplirent leur saint devoir, à cause de la préparation, parce qu'on était au vendredi soir et que le sabbat allait commencer.
- Ce sabbat fut véritablement pour Jésus le grand sabbat, (verset 31) le jour de son repos. Ses membres fatigués et meurtris trouvèrent enfin ce repos dans la tombe qu'il a sanctifiée pour ceux qui l'aiment, comme il avait sanctifié leur vie par sa vie, par ses souffrances, par sa mort.
Il ne reste plus maintenant à l'évangéliste qu'à nous le montrer dans sa victoire, par laquelle il a brisé les liens de la mort et mis en évidence la vie et l'immortalité. |